Diplomatie À Doha, l’AFC/M23 refuse le retrait et le cantonnement, et bloque le processus de paix

À Doha, l’AFC/M23 refuse le retrait et le cantonnement, et bloque le processus de paix

Le rapport de l'ONU documente comment, à Doha, l'AFC/M23 a refusé le retrait et le cantonnement pour garder les positions conquises et s'intégrer à l'État, enlisant le processus de paix.

Processus de paix en RDC, rencontre entre les représentants de la RDC et du M23. Crédit photo droit aux tiers.
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 JUILLET 2026 - 09:43 WAT · 4 min de lecture

Le 19 juillet 2025 devait sceller un accord de paix global entre Kinshasa et l’AFC/M23. La date est passée. Aucun accord n’a été conclu. Le rapport à mi-parcours du Groupe d’experts de l’ONU, coté S/2025/858, transmis le 30 décembre 2025 au Conseil de sécurité, établit à sa page 7 la nature du blocage. À Doha, deux lectures s’affrontent sur la Déclaration de principes signée en juillet 2025. Kinshasa attend un désengagement militaire. La rébellion veut rester où elle est.

Le point de rupture est nommé sans ambiguïté par le rapport. « Le Gouvernement de la République démocratique du Congo s’attendait à ce que l’AFC/M23 se retire et accepte le cantonnement, tandis que les dirigeants de l’AFC/M23 ont insisté pour garder le contrôle des positions actuelles et chercher à s’intégrer dans les structures de l’État », écrit le Groupe d’experts. La demande de Kinshasa relève du droit commun d’un cessez-le-feu. Un mouvement armé se retire, dépose ou regroupe ses armes, puis on négocie. La rébellion a choisi l’inverse.

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Ce refus n’est pas un incident de parcours. Il traduit un projet. Toujours en page 7, le rapport relève que l’AFC/M23 a prôné l’autonomie par rapport au Gouvernement, en vantant les mérites du fédéralisme, et a continué à construire sa structure parallèle de type étatique et son armée en vue de réaliser cet objectif à long terme. Le mouvement ne négocie donc pas un retour à l’ordre. Il négocie sa place dans un ordre qu’il entend redessiner. Pour une région entière de l’Est, cela signifie qu’aucune signature n’a de valeur tant que la rébellion campe sur ses conquêtes.

Le blocage était déjà daté avant la question du retrait. À la page 6, le rapport constate que les pourparlers ont buté sur les revendications de la rébellion. « Les pourparlers se sont enlisés du fait de la difficulté à parvenir à un accord sur les exigences de l’AFC/M23, concernant notamment les libérations de prisonniers », note le Groupe d’experts. La partie qui pose ses conditions, qui suspend et qui exige, c’est l’AFC/M23. La chronologie du texte ne laisse pas de doute sur l’origine de l’enlisement.

Les gestes de confiance existaient pourtant. Le 18 septembre, les deux parties signent un accord formel d’échange de prisonniers. Le 14 octobre, elles concluent un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu. Ces jalons montrent qu’un chemin était ouvert. La rébellion a préféré l’occuper les armes à la main plutôt que de le suivre.

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Car les négociations n’ont jamais arrêté les canons de l’AFC/M23. Le rapport est catégorique en page 7. Malgré les négociations en cours, de violents affrontements armés se sont poursuivis et étendus dans l’ensemble du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’AFC/M23 et la Force de défense rwandaise ont multiplié les efforts de mobilisation, les transferts de troupes et de matériel, les opérations offensives et la répression interne de la résistance. On négocie à Doha, on attaque au Kivu. La table de paix a servi de couverture à la poursuite de la guerre.

Le rapport souligne aussi que le Rwanda n’a exercé aucune pression sur son allié. Kinshasa demandait un retrait, un regroupement, une fin de la consolidation. La rébellion a répondu par de nouvelles offensives, la prise de localités et l’extension de son emprise sur les zones minières du Sud-Kivu. Chaque semaine gagnée à la table de négociation a été une semaine gagnée sur le terrain. Le calcul est transparent.

Pour Kinshasa, la lecture du dossier est simple. Le Gouvernement a tenu la date, a accepté les mécanismes de confiance, a demandé ce que tout accord de cessez-le-feu prévoit. La rébellion a refusé le retrait, exigé de garder ses positions, cherché à s’incruster dans les structures de l’État et poursuivi ses opérations pendant les pourparlers. Le Groupe d’experts en confie l’examen au Conseil de sécurité.

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B
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