Éducation & Formation Nord-Kivu : l’impression des bulletins à Goma imposée par l’AFC-M23 inquiète dans le sud de Lubero

Nord-Kivu : l’impression des bulletins à Goma imposée par l’AFC-M23 inquiète dans le sud de Lubero

A pupil writes on her copy book during a class in Kinshasa on September 7, 2016. - The school year started a few days ago in Kinshasa but "only the last of my four children goes to school", says Kabalira Hortense, who faces the same challenges as thousands of Congolese families to provide education to children. (Photo by JUNIOR KANNAH / AFP)
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 JUILLET 2026 - 19:32 WAT · 2 min de lecture

Dans plusieurs écoles du sud du territoire de Lubero, au Nord-Kivu, des responsables d’établissements dénoncent de nouvelles directives imposées par l’AFC-M23. Parmi elles figure l’obligation de faire imprimer les bulletins scolaires à Goma, une mesure qui suscite des inquiétudes quant à l’avenir du système éducatif et à la reconnaissance des parcours scolaires des élèves.

Le contrôle exercé par la rébellion de l’AFC-M23 continue de s’étendre dans le sud du territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Après les domaines sécuritaire et économique, le mouvement rebelle est désormais accusé d’imposer de nouvelles règles dans le secteur de l’éducation.

Selon plusieurs responsables d’établissements scolaires interrogés sous couvert d’anonymat, les directives émanant du gouvernement central ne sont plus appliquées dans les zones sous contrôle de l’AFC-M23. Ils affirment que les écoles ont reçu l’instruction de faire imprimer les bulletins scolaires à Goma, ville également contrôlée par la rébellion, en dehors du circuit officiel du ministère de l’Éducation nationale.

Les mêmes sources indiquent qu’un nouveau mécanisme de répartition des frais scolaires a également été instauré. Celui-ci prévoit que 70 % des recettes soient consacrés aux primes des enseignants, 20 % aux gestionnaires des écoles, 8 % aux frais de fonctionnement et 2 % soient versés aux caisses de l’AFC-M23.

Pour plusieurs acteurs locaux, cette organisation traduit une prise de contrôle progressive de l’administration scolaire dans les territoires concernés. Ils redoutent notamment que les élèves se retrouvent, à terme, avec des documents scolaires dont la reconnaissance officielle pourrait être contestée.

Au-delà des enjeux administratifs, cette évolution alimente les inquiétudes sur l’avenir de l’enseignement dans les zones sous contrôle rebelle et sur les conséquences qu’elle pourrait avoir pour des milliers d’élèves.

Azarias Mokonzi

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…