Nord-Kivu : plus de 200 civils tués au dernier trimestre, l’ONG Badilika dénonce un « chaos » sécuritaire
Nord-Kivu : plus de 200 civils tués au dernier trimestre, l’ONG Badilika dénonce un « chaos » sécuritaire
AFP
Le bilan humain ne cesse de s’alourdir dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans son dernier rapport, publié la semaine dernière, l’organisation non gouvernementale Badilika révèle qu’au moins 200 civils ont été sauvagement tués au cours du dernier trimestre, soit entre avril et juin, dans les territoires de Beni, Rutshuru, Masisi et Walikale, au Nord-Kivu. Ce document dresse un état des lieux alarmant de la situation sécuritaire et humanitaire, tout en pointant du doigt l’inefficacité des réponses militaires actuelles.
Les ADF et l’AFC/M23 pointés du doigt
L’ONG attribue la responsabilité de la majorité de ces massacres à plusieurs groupes armés actifs dans la région. En tête figurent les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF), suivis des rebelles de l’AFC/M23.
Le territoire de Beni paie le plus lourd tribut de cette violence persistante. Selon Patrick Nguka, responsable de l’ONG Badilika, 199 civils y ont perdu la vie en l’espace de trois mois.
«Dans le territoire de Beni, les attaques des ADF se sont intensifiées malgré les opérations militaires conjointes Shujaa », déplore-t-il, soulignant l’inefficacité des offensives conjointes à assurer la protection des populations civiles.
L’organisation fait également état d’une recrudescence des cas de torture ainsi que de l’usage d’armes létales pour réprimer des manifestations citoyennes.
Au-delà des massacres de Beni, les violations des droits humains prennent diverses formes selon les territoires. À Rutshuru, l’AFC/M23 mènerait une traque ciblée contre des jeunes, arrêtés sous l’accusation, souvent jugée arbitraire, d’appartenir aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). À Masisi et Walikale, certaines factions des groupes d’autodéfense Wazalendo sont accusées de graves exactions, notamment des pillages, des enlèvements et des arrestations illégales.
Plus au sud, les affrontements autour de la cité minière stratégique de Rubaya, opposant le M23, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des groupes armés locaux, paralysent les activités socio-économiques.
La jeunesse paie un lourd tribut

L’impact du conflit est particulièrement préoccupant pour le secteur de l’éducation. Dans le territoire de Masisi, les bombardements ont frappé plusieurs localités, empêchant de nombreux élèves de participer aux examens nationaux. Une situation qui compromet sérieusement l’avenir de milliers de jeunes pris au piège de la guerre.
Face à cette détérioration de la situation, l’ONG Badilika lance un appel pressant aux autorités congolaises ainsi qu’à la communauté internationale. Elle exige le respect strict du droit international humanitaire par toutes les parties au conflit et plaide pour le rétablissement de l’État de droit afin de mettre fin à l’impunité des groupes armés.
Azarias Mokonzi
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