Santé Ebola en RDC : la faim, l’autre urgence qui nourrit l’épidémie
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Ebola en RDC : la faim, l’autre urgence qui nourrit l’épidémie

À mesure qu'Ebola progresse dans l'est de la RDC, une seconde urgence s'installe : la faim. L'ONU décrit une double crise, sanitaire et alimentaire. Près de 2,9 millions de personnes des zones touchées sont en insécurité alimentaire aiguë.

Ebola en RDC : la faim, l’autre urgence qui nourrit l’épidémie
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 JUILLET 2026 - 09:38 WAT · 3 min de lecture

BUNIA. À mesure qu’Ebola progresse dans l’est de la République démocratique du Congo, une seconde urgence s’installe dans son ombre : la faim. L’Organisation des Nations unies décrit une double crise, sanitaire et alimentaire, devenue critique en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Près de 2,9 millions de personnes vivant dans les zones touchées par le virus sont en insécurité alimentaire aiguë ; à l’échelle de l’Est du pays, 8,7 millions d’habitants peinent à se nourrir correctement.

En Ituri, épicentre de l’épidémie, plus d’un million de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Selon l’ONU, Ebola et la faim se renforcent mutuellement : la maladie désorganise les marchés et les récoltes, tandis que la précarité affaiblit des populations déjà exposées. En l’espace d’une semaine, l’épidémie est passée de 29 à 33 zones de santé affectées.

Le financement humanitaire, lui, se contracte. « La combinaison de besoins immenses et de ressources limitées nous impose des choix extrêmement difficiles, parfois impossibles », a reconnu Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire de l’ONU en RDC. Sur le terrain, moins d’un tiers des familles touchées bénéficient aujourd’hui d’un soutien alimentaire, alors que les centres de traitement affichent un taux d’occupation supérieur à 80 %.

Les mesures de restriction liées à Ebola pèsent aussi sur l’économie locale. Les échanges ralentissent, ce qui renchérit les prix, en particulier ceux des produits importés. Dans ce contexte, nourrir les personnes placées sous surveillance devient un instrument sanitaire à part entière.

À Beni, dans le Nord-Kivu, le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé, le 1er juillet, à distribuer des vivres à une centaine de ménages identifiés comme cas contacts, chacun recevant environ 100 kilogrammes de riz, de farine de maïs, de petits pois, d’huile végétale et de sel iodé. « L’objectif est de stabiliser les contacts car ils doivent être suivis pendant vingt et un jours. Pour qu’ils restent à la maison sans se tracasser à chercher de quoi manger, il faut les appuyer en vivres. Ce n’est pas une prise en charge totale, mais une manière de les aider et de les sensibiliser à rester stables pour faciliter le suivi », explique Chirac Kasereka Kikandu, superviseur du suivi des cas contacts dans la zone de santé de Beni.

L’enjeu dépasse l’assistance ponctuelle. Tant qu’un contact affamé est tenté de quitter son domicile pour trouver de quoi manger, la chaîne de transmission reste ouverte. Avec 1 460 cas et 447 décès recensés au 1er juillet, et une souche Bundibugyo sans vaccin homologué, la riposte se joue autant dans les champs et sur les marchés que dans les centres de traitement.

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B
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