Londres : au FCDO, la RDC déplace sa demande du tarif vers le financement britannique
Reçu au Foreign Office par la ministre Kirsty McNeill, Julien Paluku a reconnu que les échanges restent « largement en deçà » du potentiel congolais malgré le régime préférentiel britannique, et demandé que British International Investment et UK Export Finance accompagnent les entreprises britanniques. Les FDLR et l’agression dans l’Est ont aussi été abordés.
Londres : au FCDO, la RDC déplace sa demande du tarif vers le financement britannique
AFP
Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a été reçu au siège du Foreign, Commonwealth and Development Office par la ministre britannique Kirsty McNeill, le 2 novembre 2026, au premier jour du Forum économique UK-RDC. Il en a rendu compte dans un message publié sur son compte X.
L’essentiel tient en une phrase du ministre : « Bien que le Royaume-Uni offre un cadre préférentiel à travers le DCTS, le volume direct de nos échanges reste largement en deçà des capacités réelles de la RDC. »
Le cadre est enfin nommé
Cette précision éclaire ce qui restait flou la veille. À l’ouverture du forum, au Parlement britannique, le ministre évoquait « un partenariat » daté du 25 novembre 2025 accordant la franchise douanière à 99 % des produits congolais. Il nomme cette fois l’instrument : le Developing Countries Trading Scheme, le régime britannique de préférences commerciales accordées aux pays en développement.
La nuance n’est pas de forme. Un régime de préférences est octroyé par Londres et révisable par Londres. Il n’engage pas les deux parties de la même manière qu’un accord bilatéral signé.
Deux guichets visés, BII et UKEF
Le ministre a demandé au gouvernement britannique d’encourager deux institutions à accompagner les entreprises britanniques en RDC : British International Investment et UK Export Finance. L’agence de crédit à l’exportation du Royaume-Uni définit ainsi sa mission : faire en sorte qu’« aucune exportation britannique viable n’échoue faute de financement ou d’assurance ».
Sa politique de couverture pays, mise à jour le 13 octobre 2026, place la RDC en examen au cas par cas, sans plafond chiffré. Le court terme y est fermé, sauf paiement garanti par une lettre de crédit irrévocable confirmée ou une sûreté équivalente. Le moyen et le long terme sont ouverts. Le guichet que Kinshasa demande d’activer est donc déjà entrouvert, à des conditions que le ministre n’a pas commentées.
Le Royaume-Uni a déjà engagé des moyens sur ce terrain : une enveloppe de 25 millions de dollars destinée à sécuriser les crédits accordés aux producteurs du « Made in DRC » avait été annoncée en mai.
Agro-industrie, énergie verte, transformation locale
Les trois secteurs cités par le ministre dessinent un déplacement. L’agro-industrie, l’énergie verte et la transformation locale des ressources sont précisément les domaines où une franchise douanière ne sert à rien tant qu’il n’existe pas de production à exporter. Le ministre a aussi rappelé le rôle de la RDC comme « pays-hub au cœur de l’Afrique » et les investissements engagés dans la modernisation des infrastructures commerciales.
La paix, devant un membre du Groupe de contact international
L’audience a également porté sur la crise dans l’Est, le rôle des acteurs régionaux et, selon le ministre, « la persistance des discours divisionnistes utilisés depuis plus de trente ans pour occulter la réalité de la tragédie dans la région des Grands Lacs ». Les FDLR, les discours de haine et « l’agression subie » ont été abordés.
Le choix de l’interlocutrice compte. Le Royaume-Uni est l’un des onze membres du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs, qui, dans sa déclaration du 30 octobre, rejetait le recours à la violence et encourageait les autorités congolaises à présenter un plan d’action et un calendrier pour le désarmement des FDLR. Kinshasa a porté le dossier directement devant l’un de ces onze, trois jours plus tard.
Ce qui n’y figure toujours pas
Ni la ligne aérienne pour le fret, ni le bureau des visas britanniques à Kinshasa n’apparaissent dans ce compte rendu. Ce sont les deux demandes que le ministre avait formulées le 7 septembre en vue de ce forum, et elles restent sans réponse publique.
Rédaction
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