Diplomatie Londres : la RDC veut transformer une préférence tarifaire en exportations réelles

Londres : la RDC veut transformer une préférence tarifaire en exportations réelles

Julien Paluku a ouvert le 2 novembre 2026 au Parlement britannique le Forum économique UK-RDC, avec Patrick Muyaya et la vice-ministre Noëlla Ayeganagato. Kinshasa met en avant la sortie de la liste grise du GAFI et son examen de politique commerciale à l’OMC. La ligne cargo et le bureau des visas demandés en septembre n’ont pas encore de réponse.

Londres : la RDC veut transformer une préférence tarifaire en exportations réelles
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 2 NOVEMBRE 2026 - 18:58 WAT · 4 min de lecture

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a ouvert ce lundi 2 novembre 2026 au siège du Parlement britannique le Forum économique UK-RDC, qui se tient à Londres jusqu’au 4 novembre. Il était accompagné du ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, et de la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato, devant un auditoire d’investisseurs, de parlementaires et de banquiers britanniques.

Le ministre présente ce forum comme une étape dans la concrétisation d’un partenariat qu’il date du 25 novembre 2025, et qui accorderait la franchise douanière à 99 % des produits congolais entrant au Royaume-Uni. Les trois membres de la délégation ont signé le Livre d’or du Parlement britannique, une première pour une délégation congolaise selon l’ambassadeur de la RDC au Royaume-Uni, Ndolamb Ngokwey.

Deux demandes posées en septembre, toujours sans réponse publique

Le forum n’arrive pas sans précédent chiffré. En recevant à Kinshasa la baronne Sandip Verma, le 7 septembre, Julien Paluku avait formulé deux demandes précises en vue de ces assises : l’ouverture d’une ligne British Airways vers Kinshasa, « surtout pour les cargos », et l’installation d’un bureau des visas britanniques dans la capitale congolaise.

Aucune des deux n’a fait l’objet d’une annonce britannique à ce jour. Ce sont pourtant elles qui conditionnent la portée pratique de la franchise douanière : un produit exonéré de droits de douane reste un produit qu’il faut pouvoir acheminer, et un partenariat commercial suppose que les opérateurs puissent voyager.

Les deux signaux mis en avant

Le ministre adosse l’argumentaire congolais à deux faits récents. Le premier est la sortie de la liste grise du Groupe d’action financière. La décision est tombée à la plénière d’octobre 2026, après quatre ans de surveillance renforcée ouverte en octobre 2022 et vingt-trois actions à exécuter. Entre 2022 et décembre 2025, les autorités revendiquent 540 contrôles, 246 enquêtes, une centaine de poursuites, 31 saisies et 13 confiscations pour 46,75 millions de dollars.

Le second est l’examen de politique commerciale conduit à l’Organisation mondiale du commerce. Les membres de l’OMC ont passé en revue la politique commerciale congolaise les 28 et 30 octobre à Genève, dix ans après le précédent exercice. C’était le troisième examen du pays, après 2010 et 2016, et la délégation était déjà conduite par Julien Paluku. Le ministre y avait détaillé la dématérialisation des procédures d’importation, d’exportation et de transit.

Two speakers at the UK-DRC Economic Forum event, one at a podium giving a speech.

Une précision s’impose sur le vocabulaire. L’examen de politique commerciale est un exercice d’évaluation par les pairs : le secrétariat de l’organisation et le gouvernement concerné produisent chacun un rapport, les autres membres posent leurs questions et formulent des observations. L’OMC n’approuve ni ne rejette une politique commerciale. Ce qui a été acquis le 30 octobre, c’est l’achèvement de l’exercice, trois jours avant l’ouverture du forum de Londres.

La franchise lève le droit de douane, pas le reste

Une franchise douanière à 99 % supprime une barrière tarifaire. Elle ne supprime ni le coût du fret, ni les exigences de normes et de traçabilité des acheteurs européens, ni la composition des exportations congolaises. Le pays exporte encore pour l’essentiel des matières brutes et capte peu de valeur ajoutée. Une exonération de droits sur un minerai non transformé profite d’abord à celui qui le transforme ailleurs.

C’est ce qui donne leur poids aux deux demandes de septembre. La ligne cargo et le bureau des visas ne sont pas des détails protocolaires : ce sont les deux conditions matérielles pour qu’une préférence tarifaire produise des échanges.

Rédaction

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B
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