Football Passeport léopard (5/12) : Afimico Pululu, l’enfant de Luanda qui a dit non à l’Angola
05
Série Passeport léopard Partie 5 sur 12
Épisodes
Partie 5 — Football

Passeport léopard (5/12) : Afimico Pululu, l’enfant de Luanda qui a dit non à l’Angola

Né à Luanda, courtisé par l'Angola, l'attaquant de Jagiellonia Afimico Pululu a choisi la RDC. « Je veux représenter la République démocratique du Congo », a-t-il tranché.

La Rédaction 13 juillet 2026
La Rédaction
Kinshasa - 13 JUILLET 2026 - 13:07 WAT · 3 min de lecture

Il y a une ironie que le football aime fabriquer. Afimico Pululu est né à Luanda, capitale de l’Angola. Et c’est le maillot de la République démocratique du Congo qu’il a choisi de porter, après avoir repoussé les avances des Palancas Negras. Un enfant de la capitale angolaise qui refuse l’Angola: le paradoxe a nourri des mois de rumeurs avant que l’intéressé n’y coupe court lui-même.

La saison 2024-2025 l’avait sorti de l’anonymat. Sous les couleurs de Jagiellonia Bialystok, modeste club polonais devenu champion en 2024, Pululu a inscrit huit buts en Ligue Conférence et poussé son équipe jusqu’en quarts de finale. Un attaquant de vingt-six ans qui plante des buts sur la scène européenne, avec un passeport congolais, un passeport angolais et un passeport français: de quoi aiguiser l’appétit de plusieurs fédérations.

L’Angola, terre de naissance, avait la logique pour elle. En mars 2025, les Palancas Negras l’ont sollicité pour rejoindre leur sélection. Le numéro 10 de Jagiellonia a décliné. Puis, alors que les réseaux sociaux s’emballaient et le disaient revenu sur sa parole, il a publié un message pour trancher, en novembre 2025. « Je veux représenter la République démocratique du Congo », a-t-il écrit, coupant court aux spéculations qu’il jugeait, pour certaines, totalement fausses.

Le reste tenait à une affaire de racines. Pululu a expliqué n’avoir que peu d’attaches en Angola, où sa famille est réduite, quand l’essentiel des siens se trouve au Congo. Le cœur avait tranché avant le calcul. « C’est une fierté et un honneur de me battre chaque jour pour mériter de porter les couleurs de mon pays », a-t-il ajouté, en parlant du Congo.

Son parcours ressemble à une carte d’Europe. Formé au FC Bâle, en Suisse, passé par la Pologne, l’attaquant a grandi loin des terrains de Kinshasa. Il appartient à cette génération de fils du Congo dispersés sur le continent par l’exil ou l’émigration des parents, et que la RDC apprend désormais à identifier tôt, à courtiser, à convaincre, dans le cadre d’un statut spécial pensé pour sa diaspora. Sa trajectoire s’inscrit dans cette filière diaspora que la Fédération a fait de son chantier prioritaire.

Le feuilleton s’est refermé au début de 2026, quand son éligibilité a été officiellement actée. Restait à transformer la promesse en sélection, ce que la liste du Mondial 2026 n’a pas concrétisé pour lui. Mais l’essentiel, pour Kinshasa, était ailleurs: avoir gagné, sur le fil, un buteur que l’Angola pensait tenir.

De Luanda, Afimico Pululu n’a pas gardé le drapeau. Il a gardé le stade et le ballon. Reste à l’entendre, un jour, chanter l’hymne qu’il a choisi.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…