Football La filière diaspora, moteur du retour de la RDC en Coupe du monde

La filière diaspora, moteur du retour de la RDC en Coupe du monde

Vingt des vingt-six Léopards du Mondial sont nés hors de la RD Congo. Derrière ce chiffre, une stratégie patiente de recrutement dans la diaspora, portée par les joueurs eux-mêmes.

La filière diaspora, moteur du retour de la RDC en Coupe du monde
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 JUILLET 2026 - 14:54 WAT · 3 min de lecture

Aaron Wan-Bissaka et Axel Tuanzebe ont grandi dans les sélections de jeunes de l’Angleterre. Gaël Kakuta est passé par les équipes de France. Tous ont fini par porter le maillot de la RD Congo, comme dix autres joueurs nés en France dans la liste dressée par Sébastien Desabre pour le Mondial 2026.

Autour d’eux figurent le gardien Lionel Mpasi, Arthur Masuaku, Gédéon Kalulu, Dylan Batubinsika, Samuel Moutoussamy, Yoane Wissa ou Simon Banza. Cinquante-deux ans après le Zaïre de 1974, le noyau qui a ramené les Léopards sur la plus grande scène s’est largement construit dans les centres de formation européens.

Un recrutement porté par les joueurs

Cette filière ne s’est pas construite seule. L’attaquant Cédric Bakambu a passé des années à convaincre des binationaux, de Masuaku à Kakuta en passant par Théo Bongonda et Yoane Wissa, de choisir la RD Congo. Le milieu Noah Sadiki, né à Bruxelles, est devenu une forme de sergent recruteur au sein de la diaspora belgo-congolaise.

Sadiki assume ce rôle. « Il y a une nouvelle génération qui veut aider les gens du pays », a-t-il déclaré au quotidien sportif L’Équipe. « C’est pour ça que je suis l’un des premiers de ma génération à choisir ouvertement le Congo, parce que je sais que cela peut ouvrir des portes aux autres. »

Le sélectionneur assume lui aussi cet apport. Avant d’affronter l’Angleterre, Sébastien Desabre soulignait la valeur de ces profils. « Nous avons des joueurs de Premier League qui connaissent bien cet adversaire, certains sont même nés en Angleterre, et c’est toujours une source de motivation », relevait le technicien français.

Une réussite qui pose la question de l’équilibre

Le pari sportif a fonctionné. La RD Congo est sortie d’un groupe qui comptait le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan, avant de tomber face à l’Angleterre en seizièmes de finale. Mais l’aventure a aussi ouvert un débat sur l’équilibre entre les joueurs formés sur les terrains de Kinshasa et ceux venus des académies européennes. Le but d’ouverture face aux Anglais, signé Brian Cipenga, né à Kinshasa, a rappelé que la sélection n’est pas seulement une affaire de diaspora. Reste à savoir comment la fédération articulera, dans la durée, ces deux viviers.

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