Politique Patrick Muyaya : « Nous ne pensons pas que la violence a sa place en démocratie »
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Patrick Muyaya : « Nous ne pensons pas que la violence a sa place en démocratie »

Au lendemain du discours de Tshisekedi, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a défendu sur RFI l'interdiction de sortie visant Delly Sesanga, détaillé le processus de paix et promis une visite présidentielle à Bunia.

Patrick Muyaya, ministre de la communication et médias
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 1 JUILLET 2026 - 12:13 WAT · 3 min de lecture

Au lendemain du discours de Félix Tshisekedi pour l’état de la nation, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a défendu la ligne de l’exécutif, mercredi sur RFI, sur plusieurs dossiers sensibles : l’interdiction de sortie du territoire visant l’opposant Delly Sesanga, l’état du processus de paix avec le Rwanda et la riposte contre Ebola.

Sur le cas Sesanga, empêché de quitter le pays le 28 juin et privé de son passeport, le porte-parole a évoqué une « procédure judiciaire normale ». Un dossier a été ouvert par le parquet après la manifestation de l’opposition du 12 juin, a-t-il indiqué, jugeant que « des enquêtes en cours nécessitent sûrement que Delly Sesanga ou d’autres puissent présenter leurs moyens de défense ». Et de poser un principe : « Nous ne pensons pas que la violence a sa place en démocratie. » Il existe, selon lui, « des voies de recours » permettant à l’opposant d’obtenir une autorisation de voyager, la mesure relevant d’une « question de routine ». Delly Sesanga, membre de la coalition C64, avait été blessé à la jambe le 12 juin lors du sit-in dispersé par la police.

Sur les accords de paix, le ministre a livré un point d’étape. Un premier groupe d’une quinzaine de personnes « identifiées comme » affiliées à l’AFC/M23, détenues dans les prisons congolaises, a été transféré à Beni en vue d’une libération, présentée comme une mesure de confiance. Leur transit par l’Ouganda vers Goma est suspendu à des protocoles sanitaires liés à Ebola, ce que Muyaya présente comme « un signe de bonne foi ». Il a rappelé qu’à Montreux, les parties se sont entendues « par mémorandum » sur les modalités d’un cessez-le-feu, et annoncé une réunion du mécanisme conjoint de l’accord de Washington le 8 juillet.

Le ministre a par ailleurs accusé le Rwanda d’un « crime de guerre » à Minembwe, affirmant détenir des images montrant l’usage d’« ambulances pour transporter des drones ». Répondant à l’émissaire américain Massad Boulos, qui a affirmé devant le Conseil de sécurité que Kinshasa n’avait pas lancé d’opération contre les FDLR, il a assuré avoir identifié « six zones » abritant des résidus de ce groupe, dont cinq situées dans des territoires « sous contrôle du Rwanda et du M23 », le départ des troupes rwandaises restant selon lui le « préalable ».

Interrogé sur Ebola, alors que le chef de l’État a appelé à « responsabilité, solidarité et vérité », le porte-parole a assuré que Félix Tshisekedi se rendra à Bunia « dès que les conditions seront réunies », en raison des contraintes sécuritaires et sanitaires d’un tel déplacement. L’entretien intervient à neuf jours de la marche de l’opposition et après la saisine, par Kinshasa, de la Cour internationale de justice contre le Rwanda.

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B
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