Passeport de Kamitatu : l’ambassade dément toute lecture politique
L'opposant Olivier Kamitatu a récupéré son passeport le 8 août à Bruxelles. L'ambassade de la RDC au Benelux y voit un acte administratif ordinaire ; le camp Katumbi, un signal d'apaisement.
Passeport de Kamitatu : l’ambassade dément toute lecture politique
AFP
L’opposant, porte-parole de Moïse Katumbi, a récupéré son passeport le 8 août à Bruxelles. L’ambassade parle d’un acte administratif ordinaire ; le camp Katumbi d’un geste d’apaisement.
Le 8 août, Olivier Kamitatu a annoncé sur son compte X avoir récupéré son passeport, après des mois d’attente en exil. Le même jour, l’ambassade de la RDC au Benelux a publié un communiqué, remis à l’Agence congolaise de presse, pour couper court à toute interprétation : la délivrance relève « exclusivement du traitement régulier d’une demande administrative, sur la base des critères légaux applicables à tout citoyen congolais ».
La représentation diplomatique détaille la procédure. Kamitatu a pris contact avec l’ambassade le 10 juillet, introduit sa demande le 13 juillet en s’acquittant des droits et en fournissant ses données biométriques, et reçu son passeport ordinaire le 8 août, soit un délai d’environ un mois. « La délivrance des passeports congolais repose sur des critères objectifs liés à la nationalité, à l’identité du demandeur et au respect des formalités prescrites, indépendamment de ses opinions ou engagements politiques », insiste le texte.
Le dossier n’a pourtant rien d’anodin. Porte-parole et directeur de cabinet de Moïse Katumbi, cofondateur d’Ensemble pour la République, ancien président de l’Assemblée nationale de transition et ancien ministre du Plan, Olivier Kamitatu est l’une des figures de l’opposition en exil. Le camp Katumbi affirmait depuis 2025 que les passeports de plusieurs de ses cadres, arrivés à expiration, n’étaient pas renouvelés. En mai 2025, l’opposition parlementaire du Haut-Katanga dénonçait un refus d’octroi de passeports à des opposants.
L’intéressé a salué le geste tout en le relativisant. « Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais peut l’annoncer », a écrit Kamitatu, évoquant un possible « signal d’apaisement », avant d’ajouter : « Et les autres qui attendent ? Prisonniers politiques, condamnés à mort, exilés, harcelés judiciaires ». La restitution intervient sur fond de mesures de décrispation et de préparation d’un dialogue national.
Deux lectures coexistent donc, sans se rejoindre. Pour l’ambassade, un dossier administratif traité selon les règles, indépendamment de l’engagement politique du demandeur. Pour l’opposition, un premier signe d’ouverture, dont la portée se mesurera au sort réservé aux autres exilés et détenus.
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