Politique RDC: Kinshasa alerte sur le sous-financement de la mission onusienne d’enquête sur les crimes de guerre
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RDC: Kinshasa alerte sur le sous-financement de la mission onusienne d’enquête sur les crimes de guerre

Une table ronde organisée par les Nations unies ce lundi 7 juillet avec les partenaires techniques et financiers.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 8 JUILLET 2025 - 07:42 WAT · 3 min de lecture

Face à la contraction des financements alloués à la mission d’enquête du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC), Kinshasa a lancé un appel à la solidarité internationale lors d’une table ronde organisée ce lundi 7 juillet avec les partenaires techniques et financiers. À cette occasion, le gouvernement congolais a réaffirmé son engagement ferme en faveur de la promotion et de la protection des droits fondamentaux.

S’exprimant au nom du gouvernement, la ministre des Droits humains, Chantal Chambu, a souligné la volonté du président de la République, Félix Tshisekedi, et de la Première ministre, Judith Suminwa, de faire des droits humains une priorité nationale.

«La RDC reste disposée à travailler main dans la main avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme pour garantir que cette institution poursuive son mandat avec efficacité, indépendance et dignité », a-t-elle déclaré.

Cette déclaration intervient alors que le Haut-Commissariat fait face à une crise financière majeure, aggravée par le désengagement partiel de certains bailleurs de fonds, notamment les États-Unis.

Cette situation compromet gravement les activités du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en RDC, dont le budget a déjà été réduit de 40 %, selon Bruno Lemarquis, représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU.

«Il s’agit d’une crise humaine, qui met en péril les progrès réalisés en matière de droits humains », a alerté Bruno Lemarquis, évoquant des conséquences concrètes telles que les licenciements d’experts, la suspension d’activités essentielles et le risque de rupture des efforts de consolidation de la paix.

Dans ce contexte difficile, la ministre congolaise a lancé un appel solennel à un financement prévisible et renforcé du Haut-Commissariat. Elle a insisté sur l’urgence d’un multilatéralisme actif et solidaire, capable de soutenir les dynamiques de justice, de lutte contre l’impunité et de réforme institutionnelle.

« La RDC ne se contente pas d’attendre l’aide extérieure, elle prend les devants », a-t-elle affirmé, mettant en avant les progrès réalisés au niveau national et l’importance du partenariat avec les institutions internationales. Elle a également salué le rôle du Haut-Commissariat dans l’accompagnement des réformes engagées par le gouvernement congolais.

Cet engagement s’inscrit dans une dynamique diplomatique régionale renforcée, illustrée récemment par la signature à Washington d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda — un geste salué par les Nations Unies.

Face aux menaces qui pèsent sur le système international des droits humains, la RDC entend maintenir le cap. Pour Kinshasa, soutenir le Haut-Commissariat, c’est investir dans la paix, la justice et la dignité. Un message clair adressé à la communauté internationale : les droits humains ne doivent pas être les victimes collatérales des crises budgétaires.

Dans une correspondance adressée au Conseil des droits de l’homme, la mission onusienne d’enquête a alerté sur une grave crise financière entravant sa capacité à documenter les crimes commis en RDC. Le Haut-Commissariat attribue cette impasse aux arriérés de contributions de plusieurs États membres, combinés à la baisse significative de l’aide américaine depuis l’ère Trump. Résultat : les opérations de terrain sont presque à l’arrêt.

Silas MUNGINDA

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