RDC : La délégation syndicale de l’ACE salue les avancées après la suspension du DG Delphin Lama
Le president de la délégation syndicale de l’ACE . PHOTO DROIT : BETO.CD
AFP
L’atmosphère semble avoir radicalement changé au sein de l’Agence Congolaise de l’Environnement (ACE). C’est en tout cas ce qu’a reconnu le président de la Délégation syndicale nationale de l’ACE, Asumani Tshomba Gaston, lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 22 avril 2025 à Kinshasa.
La délégation syndicale de l’ACE a salué les avancées observées depuis que Jean-Claude Emene, directeur général adjoint, assure l’intérim de l’agence, à la suite de la suspension de Delphin Lama.
« Il y a une amélioration, parce que le fait, déjà, de payer trois mois d’arriérés nous a permis de résoudre certains problèmes d’ordre social. À ce niveau, aucun agent ne peut nier cela », a-t-il déclaré.
Depuis la suspension de Delphin Lama par la ministre de l’Environnement, Ève Bazaïba, sur instruction de la Première ministre, les lignes ont visiblement bougé.
« Il y a même une direction provinciale qui avait été délogée de son siège. Au moment où je vous parle, tout est rentré dans l’ordre : les loyers sont payés, les frais de fonctionnement également. À l’époque, cela n’existait plus. Aujourd’hui, toutes les directions provinciales les ont reçus », a ajouté Asumani Tshomba.
Ce retour à une certaine orthodoxie dans la gestion administrative contraste fortement avec la période précédente, caractérisée par un climat de tension, de soupçons de détournements, de dettes et de dysfonctionnements notoires.
« À l’époque, il n’y avait aucune direction qui fonctionnait. Toutes les missions se faisaient au niveau du cabinet du DG avec ses assistants personnels, sans aucune expertise en évaluation environnementale », a-t-il rappelé avec insistance.
Selon ce membre de la délégation syndicale, les griefs retenus contre Delphin Lama sont lourds : gestion opaque, disparition présumée de plus d’un million de dollars, création d’une administration parallèle, et même l’achat d’un 4×4 à 190 000 dollars en violation des procédures légales.
Ce climat de mécontentement généralisé avait poussé les travailleurs à multiplier les revendications pour réclamer un changement de cap.
En réponse, la ministre de l’Environnement avait signé, le 25 février dernier, un arrêté ministériel suspendant à titre conservatoire le DG controversé. Dans une lettre adressée à la Première ministre, Ève Bazaïba affirmait :
« Conformément à vos instructions, j’ai pris un arrêté ministériel portant suspension du Directeur Général de l’ACE, dont copie est en annexe. »
La prise de fonction de l’intérimaire, Jean-Claude Emene, semble désormais porter ses fruits. La délégation syndicale évoque une reprise des activités, une régularisation progressive de la situation salariale, ainsi que le lancement d’une mission ambitieuse baptisée « Patrouille Environnementale », destinée à traquer les assujettis en situation d’irrégularité.
Tout en appelant les agents à plus d’assiduité et de professionnalisme, la délégation syndicale invite la nouvelle direction à prioriser les conditions de travail et le bien-être du personnel. « Nous avons l’assurance que les choses vont évoluer au fur et à mesure. Ce n’est pas du tic-tac que tout va se régler, mais la dynamique actuelle est encourageante », a affirmé Asumani Tshomba.
Pour conclure, la délégation a exprimé sa gratitude envers les plus hautes autorités du pays, notamment le Président de la République, Félix Tshisekedi, la Première ministre et la ministre de l’Environnement, pour avoir prêté une oreille attentive aux revendications des travailleurs et enclenché le processus de redressement de l’ACE.
Ézéchiel CTM