Sanctions sur la RDC : le comité 1533 de l’ONU exige le retrait des forces rwandaises
Le comité 1533 du Conseil de sécurité exige le respect de la résolution 2773 et le retrait des forces rwandaises. Rapport d’experts attendu en juillet, renouvellement des sanctions et nouvelle pression américaine.
Sanctions sur la RDC : le comité 1533 de l’ONU exige le retrait des forces rwandaises
AFP
Le comité des sanctions des Nations unies sur la RDC est sorti de sa réserve. Dans un communiqué publié le 18 juin, le comité 1533 du Conseil de sécurité a exhorté tous les acteurs engagés dans les hostilités à l’Est à respecter la résolution 2773, qui exige notamment « le retrait immédiat et inconditionnel des Forces de défense rwandaises » du territoire congolais (communiqué relayé par Mediacongo).
Les membres du comité, indique le texte, « ont exprimé leur profonde préoccupation face à la détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC » et ont appelé « toutes les parties à respecter pleinement leurs obligations », au regard des résolutions 2773 et 2808. La sortie fait suite à des consultations informelles tenues le 5 juin, au cours desquelles le coordonnateur du groupe d’experts a présenté son rapport final, attendu en juillet. Le comité a aussi évoqué d’éventuelles mesures à prendre sur la base de ses recommandations.
Adoptée à l’unanimité le 21 février 2025 et négociée par la France, la résolution 2773 reste le texte de référence. Elle condamne l’offensive de l’AFC/M23 et le soutien du Rwanda à cette rébellion, exige le retrait des troupes rwandaises, et ordonne au mouvement de cesser les combats, de quitter les zones occupées, dont Goma et Bukavu, et de démanteler ses administrations parallèles. Plus d’un an après, aucune de ces injonctions n’est satisfaite.
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Le calendrier onusien ajoute à la pression. Le régime de sanctions visant les groupes armés congolais doit être renouvelé avant le 1er juillet, et le mandat du groupe d’experts avant le 1er août. Dans la perspective de ce rapport, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont proposé d’ajouter six individus et deux entités à la liste des personnes et organisations sanctionnées, signe que le tour de vis se prépare.
Washington manie déjà le bâton de son côté. Les États-Unis ont sanctionné fin avril l’ancien président Joseph Kabila pour son soutien présumé à l’AFC/M23, et leur émissaire pour l’Afrique, Massad Boulos, a menacé le 5 juin de frapper tout « perturbateur » du processus de paix, tout en réclamant à la fois le retrait des forces rwandaises et la neutralisation des FDLR. Une équation à double détente que ni Kigali ni Kinshasa ne veulent enclencher en premier.
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Reste l’écart, toujours béant, entre les résolutions et le terrain. La MONUSCO, autorisée par la résolution 2808 à adopter une posture plus offensive dans les zones à risque, a multiplié les consultations pour obtenir un dépôt des armes. Mais les combats s’intensifient dans l’Est, Goma et Bukavu demeurent hors du contrôle de l’État, et les textes votés à New York peinent, une fois de plus, à se traduire en paix sur le sol congolais.