RDC : la justice demande au Sénat la levée des immunités et l’autorisation de poursuites contre Joseph Kabila
Joseph Kabila Kabange, ancien président de la RDC. Entretien avec la presse au sortir d'un entretien avec l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, à Johannesbourg. Mars 2025. © Reuters
AFP
En République démocratique du Congo, l’étau judiciaire se resserre autour de l’ancien président Joseph Kabila. Ce mercredi 30 avril, les autorités judiciaires ont officiellement saisi le bureau du Sénat pour demander la levée de ses immunités parlementaires ainsi que l’autorisation d’engager des poursuites à son encontre, selon des sources officielles.
Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, a confirmé que l’Auditeur général des FARDC avait déposé un réquisitoire sollicitant à la fois l’autorisation de poursuites et la levée des immunités du « sénateur à vie ». Plusieurs chefs d’accusation sont mentionnés.
Selon le ministre, Joseph Kabila est notamment poursuivi pour « trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, crimes de guerre et crimes contre l’humanité ». Ces accusations, affirme-t-il, reposent sur une injonction formelle émise par son ministère, appuyée par des « preuves tangibles et irréfragables » de l’implication présumée de l’ancien chef de l’État dans les violences récurrentes à l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Depuis plusieurs semaines, Joseph Kabila est désigné par le gouvernement comme l’un des instigateurs de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), un groupe dirigé par Corneille Nangaa et allié au mouvement rebelle M23 depuis juin 2023.
Le 20 avril dernier, lors d’une intervention sur TV5 Monde, le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemin Shabani, a déclaré détenir des éléments établissant un lien entre l’ancien président et l’AFC/M23, groupe accusé de graves violations des droits humains dans la partie orientale du pays.
« Nous disposons malheureusement d’une multitude d’informations et de faits qui établissent que l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, entretient des liens non seulement avec les groupes rebelles M23/AFC, mais aussi avec l’armée rwandaise », a affirmé le ministre.
Jacquemin Shabani a également évoqué de présumés déplacements de Joseph Kabila entre Kigali et Goma au cours des dernières semaines. Cette présence supposée a suscité une vague de spéculations au sein de l’opinion publique, bien que les proches de l’ancien président aient catégoriquement démenti ces allégations.
F. ISSA
Haut-Uele : quatre militaires condamnés à de peines de mort pour meurtre d’un infirmier
Kasaï : le colonel Jean de Dieu Mambweni condamné à la peine de mort dans l’affaire de l’assassinat des deux experts de l’ONU