Santé Ebola en RDC : la mobilité aux frontières, le défi que l’OIM peine à financer
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Ebola en RDC : la mobilité aux frontières, le défi que l’OIM peine à financer

Face à une épidémie qui a franchi 1 460 cas et 447 décès au 1er juillet, la riposte bute sur la circulation des personnes. L'OIM a lancé un plan régional de 55,8 millions de dollars pour onze pays, mais il manque encore 35 millions.

Ebola en RDC : la mobilité aux frontières, le défi que l’OIM peine à financer
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 22:14 WAT · 3 min de lecture

GENÈVE. Une épidémie ne s’arrête pas aux postes-frontières. Alors que le bilan officiel a atteint 1 460 cas confirmés et 447 décès au 1er juillet, la riposte contre Ebola se heurte à un obstacle que les cordons sanitaires peinent à contenir : la circulation quotidienne des personnes. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé un plan régional de préparation et de riposte de 55,8 millions de dollars sur six mois, couvrant onze pays. À ce jour, 20 millions ont été réunis, laissant un déficit d’environ 35 millions.

Pour l’agence onusienne, l’épidémie frappe d’abord des territoires où l’on se déplace pour survivre. « La vie quotidienne est devenue parsemée de risques. Le voyage pour nourrir votre famille ou gagner votre vie peut aussi devenir un voyage vers le danger », a résumé Ugochi Daniels, directrice générale adjointe de l’OIM chargée des opérations, lors d’un point de presse à Genève. L’épidémie, a-t-elle ajouté, est « centrée sur des zones où les gens traversent les frontières chaque jour ».

Dans l’Est congolais, les déplacements pour le commerce, le travail, les visites familiales ou l’accès aux soins compliquent le contrôle sanitaire, d’autant que le conflit jette régulièrement des populations sur les routes. Depuis le début de la riposte, l’OIM et ses partenaires ont dépisté plus d’un million de voyageurs aux points d’entrée et le long des principaux corridors de mobilité. Le saccage du centre de Nia-Nia, le 30 juin, d’où deux cas confirmés et sept suspects se sont enfuis, a rappelé le risque que fait peser chaque patient soustrait au suivi.

Le nerf de la guerre reste le financement. « Ce qui est nécessaire pour que nous prenions de l’avance sur l’épidémie, c’est un engagement collectif pour s’assurer que l’effort est maintenant entièrement financé », a insisté Mme Daniels. Le gouvernement congolais a, de son côté, imposé depuis fin juin une période d’observation de 21 jours pour les personnes venant des zones affectées.

L’urgence tient à la vitesse de propagation. Le Dr Abdirahman Mahamud, directeur des opérations d’alerte et de réponse aux urgences sanitaires à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a souligné le caractère inédit de la flambée. « C’est le plus grand nombre de cas confirmés lors du premier mois d’une épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique », a-t-il déclaré. La souche Bundibugyo a atteint 250 décès en 37 jours, contre 78 jours lors de l’épidémie ouest-africaine de 2014 et 2016, et 130 jours lors de celle de 2018 et 2019.

La riposte s’est aussi étoffée. Le nombre de lits de traitement est passé de quelques unités à plus de 500, répartis dans dix-neuf zones de santé, et la capacité de dépistage de 30 tests par jour à Kinshasa à plus de 2 000, grâce à huit laboratoires décentralisés en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. La souche Bundibugyo ne disposant d’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique, la surveillance des mouvements demeure au centre du dispositif, et son financement, la condition de son efficacité.

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B
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