Politique RDC : Martin Fayulu prend acte de l’accord de paix avec Kigali et appelle à un dialogue national inclusif
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RDC : Martin Fayulu prend acte de l’accord de paix avec Kigali et appelle à un dialogue national inclusif

L’opposant Martin Fayulu
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 30 JUIN 2025 - 14:51 WAT · 3 min de lecture

À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, l’opposant Martin Fayulu a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation sécuritaire du pays et lancé un appel solennel à l’unité nationale ainsi qu’à l’organisation d’un « dialogue national inclusif », pour faire face à une crise multidimensionnelle sans précédent qui gangrène le pays.

Dans une adresse diffusée ce lundi 30 juin , le président de l’ECIDE, Martin Fayulu, a salué avec prudence l’accord signé le 27 juin à Washington entre Kinshasa et Kigali, sous médiation américaine. Il a toutefois souligné que cette avancée diplomatique resterait insuffisante en l’absence d’un véritable dialogue réunissant l’ensemble des forces vives de la nation.

« Nous prenons acte de la dynamique positive que cet accord peut enclencher. Bien qu’imperfectible, il peut représenter une opportunité de faire taire les armes et de créer les conditions d’un apaisement durable », a déclaré Martin Fayulu.

Dans son speech, l’opposant Martin Fayulu a insisté sur le fait que seule une volonté populaire résolue pourra sortir le pays de l’impasse. « Aucune signature ne saurait remplacer la volonté résolue d’un peuple à défendre sa terre, à reconstruire ses institutions et à tenir debout », a-t-il martelé.

Le président de l’Ecide a critiqué ce qu’il considère comme une lecture biaisée de la crise sécuritaire, notamment la manière dont la communauté internationale aborde la question des rebelles hutu FDLR. « La question des FDLR ne doit pas être indéfiniment imputée au Congo. L’agression que subit la RDC ne peut être maquillée sous l’expression de mesures de défense », a-t-il déclaré, appelant au respect de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Il a brossé un tableau particulièrement sombre de la situation sécuritaire : plus de 100 localités, dont Goma et Bukavu, seraient sous le contrôle de groupes armés. Il a également dénoncé les exactions du M23, de l’AFC, des ADF, de la milice Mobondo et la présence militaire étrangère dans plusieurs provinces, y compris l’armée ougandaise en Ituri.

Le leader de l’opposition a alerté sur les conséquences humanitaires dramatiques de cette crise : « Plus de 25 millions de nos concitoyens ont besoin d’assistance, plus de 2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë, près de 7 millions de Congolais sont déplacés internes, exilés sur leur propre terre. »

Dans une critique appuyée du pouvoir en place, Fayulu a dénoncé « la culture du déni et du rejet des responsabilités », accusant la classe dirigeante d’être comptable de la fragmentation nationale, de la misère grandissante et de la perte d’espoir.

Se référant à l’article 63 de la Constitution congolaise, qui fait du devoir de défendre le pays un impératif sacré, Martin Fayulu a exhorté ses compatriotes à un sursaut patriotique. « Ce moment exige un sursaut. Il est temps de répondre à l’appel de la patrie, pas à celui des intérêts égoïstes. »

Il a plaidé pour une paix durable fondée sur un État de droit, une armée forte, la cohésion nationale et une gouvernance éthique. C’est dans cet esprit qu’il a appelé à un dialogue national inclusif, « sous la médiation de nos pères spirituels, pour penser nos plaies, dire nos vérités et reconstruire la confiance ».

Silas MUNGINDA

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