Nord-Kivu et Ituri : plus de 50 civils tués dans de nouvelles attaques des ADF à Mangina et Mambasa
Nord-Kivu et Ituri : plus de 50 civils tués dans de nouvelles attaques des ADF à Mangina et Mambasa
AFP
Les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF/MTM) ont intensifié leurs attaques meurtrières cette semaine dans l’est de la République démocratique du Congo. Après une double incursion dans la commune rurale de Mangina, au Nord-Kivu, les assaillants ont de nouveau frappé, mercredi 22 juillet 2026, plusieurs villages situés près de Njiapanda-Bella, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Le bilan provisoire dépasse désormais les 50 civils tués.
À Mangina, les deux attaques successives ont fait au moins 22 morts parmi les civils. Les terroristes ont ensuite pris pour cible plusieurs localités autour de Njiapanda-Bella, où au moins 25 autres personnes ont été tuées. Des sources locales redoutent une aggravation du bilan, les recherches se poursuivant dans les zones touchées.
Cette nouvelle tragédie a suscité de vives réactions au sein de la classe politique. Le député national Enock Batsotsi Nyamwisi a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie d’indifférence générale envers les massacres perpétrés par les ADF.
« Pendant que certains détournent le regard, nos populations continuent d’être massacrées par les terroristes ADF/MTM. Des hommes, des femmes et des enfants sont tués dans un silence devenu insupportable. Le silence face à ces massacres est une faillite morale », a déclaré l’élu.
Interpellant directement le gouvernement sur l’efficacité de la réponse sécuritaire, le parlementaire a poursuivi :
« Où est l’État ? Où est la réponse que nos compatriotes sont en droit d’attendre ? Combien de vies faudra-t-il encore perdre avant qu’une action ferme, coordonnée et efficace ne soit engagée ? Les Congolais méritent d’être protégés. Il est temps d’agir. »
Ce nouveau drame remet également en lumière la persistance de la menace des ADF, alors que l’attention politique et militaire reste largement focalisée sur la rébellion de l’AFC/M23. L’ancien député national Juvénal Munubo a mis en garde contre le risque de reléguer au second plan les exactions commises par d’autres groupes armés étrangers.
« La persistance de la rébellion de l’AFC/M23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ne doit pas faire oublier celle d’autres groupes armés étrangers qui écument et endeuillent nos populations », a-t-il rappelé.
Pour faire face durablement à cette menace, l’ancien parlementaire plaide pour une évaluation des opérations conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF), ainsi que pour la mise en œuvre d’une stratégie visant à démanteler les réseaux de financement des ADF.
« Les opérations militaires conjointes avec l’armée ougandaise (UPDF) doivent être évaluées, et une stratégie destinée à démanteler les réseaux de financement de ce groupe doit être élaborée et appliquée », a-t-il recommandé.
Alors que la situation sécuritaire et humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans les territoires de Beni et de Mambasa, cette nouvelle vague de massacres constitue un signal d’alarme pour les autorités congolaises, appelées à renforcer leur réponse face à la menace persistante des ADF.
Azarias Mokonzi
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