RDC : vers une nouvelle architecture de gouvernance de la diaspora congolaise
Une foule de la diaspora congolaise vinant en France en marche de soutien à la population de l’Est | photo droit tiers
AFP
Le gouvernement congolais amorce une refonte en profondeur de la gouvernance de la diaspora. Le Ministre délégué près le Ministre des Affaires étrangères, en charge de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, a présenté au Conseil des ministres une note d’information relative à la restitution de l’atelier national d’évaluation des recommandations issues des forums de la diaspora congolaise, tenus du 24 au 27 novembre 2025.
Cette restitution fait suite à une pré-tournée euro-américaine de consultations menées auprès des Congolais de l’étranger. L’ensemble de ces échanges a permis de dégager un large consensus autour de six recommandations prioritaires, considérées comme structurantes et déterminantes pour l’efficacité de l’action de la diaspora dans le développement national.
Au cœur de cette nouvelle architecture figure la mise en place du Haut Conseil de la Diaspora Congolaise, appelé à devenir un organe représentatif, légitime et inclusif. Issu d’un processus transparent, il vise à combler l’actuelle absence de structuration formelle de la diaspora congolaise à l’échelle internationale.
Autre pilier majeur, la création du Fonds d’Investissement de la Diaspora (FID-RDC). Présenté comme un levier stratégique de croissance, ce mécanisme financier devrait contribuer de manière significative à l’essor économique du pays, grâce à une gouvernance tripartite associant l’État, la diaspora et des partenaires techniques et financiers, dont certains ont déjà manifesté leur intérêt.
Les travaux ont également recommandé la mise en place d’un Secrétariat général à la Diaspora congolaise, avec un cadre organique propre, afin d’assurer une coordination administrative efficace et une meilleure prise en charge des préoccupations des Congolais vivant à l’étranger.
S’agissant de la double nationalité, l’atelier a préconisé une réforme progressive fondée sur une approche graduelle. Des mesures intermédiaires immédiates, notamment l’instauration d’un statut spécial pour la diaspora, sont envisagées comme première étape.
La modernisation des services consulaires constitue un autre axe central de cette réforme. Elle prévoit la digitalisation des services, la mise en place de plateformes d’urgence, le déploiement de consulats mobiles ainsi que la création d’un Desk de compétences, destiné à valoriser l’expertise des Congolais de l’étranger et à améliorer la qualité de l’assistance consulaire.
Enfin, l’institution d’un Comité paritaire de suivi des recommandations a été proposée. Rattaché à la Primature, cet organe transversal aura pour mission d’assurer la coordination, le suivi et la redevabilité, à travers des indicateurs de performance clairs et un reporting régulier.
Pour garantir l’adhésion nationale et l’implication effective de la diaspora, l’atelier a recommandé le lancement immédiat d’une phase d’appropriation. Celle-ci prendra la forme d’une tournée internationale de sensibilisation intitulée « Diaspora, cap sur l’action », marquant le passage de la concertation à la mise en œuvre concrète des réformes.
Odon Bakumba
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