« Sauvés de l’humiliation » : la presse anglaise raconte la frayeur des Three Lions face aux Léopards
Vue de Londres, la victoire 2-1 sur la RD Congo est un fiasco évité de justesse. La presse anglaise raconte la frayeur des Three Lions, sauvés par le doublé de Kane.
« Sauvés de l’humiliation » : la presse anglaise raconte la frayeur des Three Lions face aux Léopards
AFP
Vue de Kinshasa, la nuit d’Atlanta restera une soirée de fierté. Vue de Londres, elle a des allures d’alerte. Au lendemain de la victoire poussive de l’Angleterre sur la RD Congo (2-1) en seizièmes de finale du Mondial 2026, la presse britannique n’a pas parlé d’un exploit, mais d’un fiasco évité de justesse. « Les Three Lions sauvés de l’humiliation » : le ton était donné, et il en disait long sur la frayeur des favoris.
Envoyé spécial à Atlanta pour The Independent, le journaliste Miguel Delaney a résumé la rencontre comme un sauvetage. Immense outsider, la RD Congo avait pris les devants dès la 7e minute par Brian Cipenga, qui trompait Jordan Pickford à son premier poteau. Pendant plus d’une heure, l’Angleterre s’est heurtée à un mur, Harry Kane se voyant même refuser un penalty par la VAR juste avant la pause. Le favori regardait le vide.
Il a fallu, une fois encore, le capitaine pour éviter la catastrophe. Kane a d’abord égalisé de la tête à la 75e minute sur un centre d’Anthony Gordon, avant de fusiller Lionel Mpasi d’une frappe surpuissante à la 86e pour renverser une rencontre que l’Angleterre n’avait jamais maîtrisée. Deux gestes, onze minutes, et un huitième de finale arraché quand tout un tournoi flairait la surprise.
Car si l’Angleterre a tremblé, c’est d’abord à cause d’un homme. Le gardien congolais Lionel Mpasi a multiplié les parades, écœurant Jude Bellingham à deux reprises, et faillit à lui seul provoquer l’un des plus grands renversements de l’histoire récente de la compétition. Un exploit refusé de peu, que même le camp anglais a reconnu du bout des lèvres au coup de sifflet final, dans une série de déclarations que nous détaillons par ailleurs.
Le soulagement, côté anglais, se doublait déjà d’une inquiétude. Qualifiée, la bande de Thomas Tuchel hérite désormais d’un choc contre le pays co-organisateur, le Mexique, dans le chaudron de l’Estadio Azteca. Un rendez-vous que la presse britannique décrit comme un piège, et pour lequel, de l’aveu même des observateurs anglais, cette version des Three Lions devra présenter tout autre chose que ce qu’elle a montré face aux Léopards.
Reste ce contraste, saisissant, entre deux lectures d’un même match. D’un côté de la Manche, on a vu une élimination héroïque et un gardien de légende. De l’autre, une humiliation esquivée à quatre minutes de la fin. Ceux qui ont suivi la rencontre minute par minute savent que les deux récits disent vrai, et que la RD Congo, dans sa défaite, a gagné quelque chose que le tableau d’affichage ne mesure pas.