Politique Sindika Dokolo, la nouvelle donne venue de l’Angola
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Sindika Dokolo, la nouvelle donne venue de l’Angola

Entre colère sincère et politique, le gendre d'Edouardo Dos Santos sort de sa réservé, l'Angola aussi.

Isabel dos Santos et Sindika Dokolo avec le Président et la Première Dame de l'Angola. CREDIT FB.
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 31 MAI 2017 - 11:07 WAT · 4 min de lecture

Entre tweets, déclarations et actions: la ligne est visiblement mince chez Sindika Dokolo. Marié à Isabel dos Santos depuis 2002, fils du congolais Augustin Dokolo Sanu,  de qui il hérite  « l’un des plus vastes empires économiques du Zaïre de Mobutu« ,  l’homme d’affaires et collectionneur d’art se retrouve soudainement une passion pour le Congo natal.

Effet, c’est à coup de Tweets et sorties médiatiques que Sindika Dokolo dénoncent depuis plusieurs semaines les autorités congolaises. Mardi, l’homme est passé des paroles aux actes en volant au secours de milliers de réfugiés congolais amassés sur le sol angolais, fuyant les atrocités dans les Kasaï.

Le geste, salué par tous, non sans être innocent, est bien évidemment sanctionné de commentaires et, comme souvent, de récupération politique. « Un seul congolais apporte des vivres à ses concitoyens, alors que le Ministre She Okitundu s’est rendu sur place mains vides« , fait savoir un internaute. Oui, la semaine dernière, le Chef de la diplomatie congolaise a visité ce camp de réfugiés tenu par le Haut Commissariat aux Réfugiés où s’ammasse, depuis le 17 mars 2017, près de 23484 congolais.

Dans la foulée, M. Dokolo laisse explosé sa colère contre Kinshasa. « Je ne supporte plus la barbarie quotidienne qui sévit en RDC. Cette région, je la connais. J’ai grandi au Zaïre. Il y avait parfois de la violence, tout n’était pas toujours rose, mais quand quelque chose n’allait pas, il y avait une réaction », s’emporte-t-il sur La libre.

Quant aux responsables de la situation, Sindika Dokolo accuse sans langue de bois les autorités congolaises: « Lorsqu’on prend du recul et qu’on met les faits les uns à la suite des autres, il est difficile de penser qu’il n’y a pas une volonté délibérée de créer les conditions d’une crise sous-régionale », dit-il. 

Pour autant, l’homme s’est toujours défendu d’ambitions politiques. »Je ne suis qu’un citoyen énervé par les promesses non tenues, conscient de ce qui attend la RDC au bout de ce chemin, en dehors des sentiers battus que sont les textes qui régissent notre État » répond-t-il dans ce message publié le 17 mai dernier.

Kinshasa coincé entre Dokolo et l’armée angolaise

Ce qui semble ne pas convaincre des proches du Pouvoir, qui voient d’un très mauvais oeil les sorties du gendre du président Dos Santos. Par ailleurs, presque au même moment, l’Angola semble toute aussi s’exacerber de la gestion de Kinshasa tant au sujet de la crise dans le Kasaï, que celui concernant les élections.

Pays frontalier avec la République démocratique du Congo, l’Angola subit de plein fouet la crise dans la région du Kasaï. Invité de la Rédaction sur RFI, Georges Chikoti, ministre angolais des Relations extérieures n’a pas caché ses sentiments. Au-delà d’une entente globale entre ethnies, il est favorable à une enquête internationale.

« Je crois qu’il faudrait que le gouvernement puisse dire exactement ce qui se passe. Si le gouvernement n’arrive pas à le dire, je crois que oui, il est important que l’on puisse savoir, parce que les réfugiés nous disent des choses qui ont besoin d’être vérifiées à l’intérieur de la RDC« , a-t-il affirmé tout en disant favorable à la mise en place d’une commission d’enquête internationale.

Le ministre angolais redoute également que ces violences dans les Kasaï soient un prétexte pour ne pas organiser les élections à temps. « J’ai l’impression que si cette question dure, certainement qu’il n’y aura pas de conditions pour réaliser la présidentielle« , craint-il avant d’ajouter: « Je pense qu’il faut qu’on se réfère à la Commission nationale électorale indépendante (CENI) mais je doute très fort de pouvoir faire les choses à temps« .

Le 21 mai, l’infanterie de l’armée angolaise accompagnée des tanks et une artillerie lourde se déploie à la frontière ouest de la RDC avec l’Angola. Des mouvements de troupes de l’armée angolaise sont aussi signalés au nord-est de l’Angola.

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B
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