Situation Mpox en RDC: Plus de 21 000 cas confirmés en mai 2025, le système de santé sous pression
Les graphiques sur la situation Épidémiologique Alarmante en RDC présentés par le ministère de la santé publique, hygiène et prévention
AFP
Le ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévention a publié, mardi 13 mai, un rapport alarmant sur la situation épidémiologique de la République démocratique du Congo (RDC). Le document met en lumière une recrudescence inquiétante de plusieurs maladies infectieuses, en tête desquelles le Mpox (variole du singe) et le choléra.
Depuis le début de l’épidémie (semaine épidémiologique 1 de 2024 à la semaine 18 de 2025), le pays a enregistré 106 283 cas suspects de Mpox, dont 21 143 cas confirmés et 1 789 décès, soit un taux de létalité cumulé de 1,68 %. Le taux de positivité s’élève à 52,92 %, alors que 521 048 personnes ont été vaccinées à ce jour.
À la semaine 19, 89 cas actifs ont été recensés à Kinshasa, avec un taux d’occupation des lits de 39,2 % dans les structures sanitaires. Les centres les plus affectés sont Vijana, Kinkole, Hôpital Mère et Enfant (HMC), Masina et Kinoise, selon les données consolidées par les experts du ministère.
Une étude menée entre novembre 2024 et mars 2025 au centre de Kokolo révèle une prévalence de 9,32 % de co-infection Mpox-VIH. Les tranches d’âge les plus touchées sont les 18–24 ans (16 %) et les plus de 44 ans (12,5 %). La durée moyenne d’hospitalisation est estimée à 10,7 jours, avec des symptômes dominants tels que les lésions cutanées (94,9 %) et la fièvre (89,8 %).
Face à cette situation, le gouvernement prévoit d’intensifier la campagne de vaccination dans les zones à forte incidence, notamment à Kinshasa et au Sud-Kivu. 200 000 doses supplémentaires ont été réceptionnées grâce à un partenariat avec Gavi, l’Alliance du vaccin.
Choléra et inondations : le risque s’amplifie
Le rapport mentionne également une hausse des cas de choléra : 2 041 cas et 46 décès ont été enregistrés à la semaine 18, portant le cumul pour 2025 à 22 466 cas et 457 décès (létalité : 2,3 %). Les provinces les plus touchées — Katanga (27 %), Sud-Kivu, Nord-Kivu, Haut-Lomami, Tanganyika et Tshopo — concentrent 88 % des cas, répartis sur 101 zones de santé actives.
Les inondations provoquées par de fortes pluies ont aggravé la situation sanitaire, notamment à Kinshasa, où des milliers de déplacés ont trouvé refuge dans des lieux publics comme le Stade des Martyrs, Tata Raphaël, Bandalungwa et ITI Lumumba, augmentant ainsi les risques de propagation des maladies hydriques.
Alerte à l’anthrax dans le Nord-Kivu
Une alerte sanitaire a été déclenchée depuis le 22 mars autour du Parc des Virunga et du lac Édouard dans le Nord-Kivu, après la découverte de 59 carcasses d’hippopotames, 10 buffles et 4 chèvres suspectées d’infection à l’anthrax. Un cas humain suspect a également été signalé à Biena. Une enquête épidémiologique est en cours.
Le ministère de la Santé appelle à la vigilance accrue, à la mobilisation communautaire et à la coopération des partenaires pour contenir ces multiples foyers épidémiques et préserver la santé publique nationale.
Persi M.