Santé Ebola en RDC : plus de 890 cas et plus de 200 décès, les soins rendus gratuits en Ituri

Ebola en RDC : plus de 890 cas et plus de 200 décès, les soins rendus gratuits en Ituri

Au 19 juin, l'OMS recense plus de 890 cas confirmés de maladie à virus Ebola, dont plus de 200 décès, dans l'est de la RDC. Le gouvernement a décrété la gratuité des soins en Ituri, épicentre de cette flambée due à la souche Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin ni traitement n'est homologué.

Un malade est transporté depuis une ambulance à l'hôpital général de référence de Bunia, en Ituri, pendant l'épidémie d'Ebola Bundibugyo

A man is carried from an ambulance as he arrives at Bunia General Referral Hospital following confirmation of an Ebola outbreak involving the Bundibugyo strain in Bunia, Ituri province, Democratic Republic of Congo, May 16, 2026. Picture taken with a mobile phone. REUTERS/Victoire Mukenge TPX IMAGES OF THE DAY
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 JUIN 2026 - 06:14 WAT · 4 min de lecture

BUNIA. La 17e épidémie d’Ebola déclarée en RDC a franchi la barre des 200 morts. Plus de 890 cas confirmés, dont 78 guéris et plus de 200 décès, ont été recensés, a indiqué la représentante intérimaire de l’OMS en RDC, Anne Ancia, le 19 juin devant la presse à Lubumbashi. Ce décompte corrobore le dernier bilan officiel détaillé, livré la veille à Bunia par le ministère de la Santé publique : 896 cas confirmés et 232 décès au 18 juin.

La responsable de l’OMS a appelé la population au dépistage précoce et au respect des gestes barrières, seuls leviers disponibles à ce stade. « Ce que nous devons faire, c’est avoir les communautés qui comprennent la maladie, qui se protègent, qui respectent les gestes barrières. Si une personne présente un symptôme qui est compatible à la symptomatologie de la maladie à Bundibugyo, qu’elle vienne se présenter dans les centres de santé pour qu’on puisse la prendre en charge », a déclaré Anne Ancia. Elle a chiffré la létalité provisoire de la souche à 23 %.

Les soins rendus gratuits en Ituri

Pour lever l’obstacle financier qui retarde les consultations, le gouvernement a annoncé le 20 juin la gratuité des soins en Ituri pendant toute la période de riposte. Neuf structures spécialisées, dotées d’un personnel formé et de mesures strictes de prévention des infections, prennent en charge les malades. Six nouveaux patients ont été déclarés guéris à Bunia, portant à plus de 80 le nombre de survivants depuis le début de la flambée.

Le ministre de la Santé publique, Samuel-Roger Kamba, a défendu la fiabilité des données officielles, distinctes des bilans gonflés circulant sur les réseaux. « Nous avons décidé de vous donner toujours les vrais chiffres des malades et non de donner des suspects. Ces chiffres viennent des tests de laboratoire qui ont confirmé les cas », a-t-il affirmé. Près de 6 000 personnes contacts sont suivies, pour un taux de 71 %, encore loin de l’objectif de 95 % fixé par la riposte.

Une riposte entravée par l’insécurité

Sur le terrain, la couverture sanitaire reste fragile. Médecins Sans Frontières a désigné l’insécurité comme un obstacle majeur à la riposte en Ituri, où des équipes essuient des attaques. À Beni, dans le Nord-Kivu voisin, des organisations de jeunesse ont condamné l’agression d’une équipe de riposte. Des mesures sanitaires renforcées ont par ailleurs été imposées aux voyageurs à l’aéroport de Kinshasa-Ndjili.

Ni vaccin ni traitement homologué

La souche Bundibugyo ne dispose d’aucun vaccin ni traitement spécifique homologué : le vaccin Ervebo ne protège que de la souche Zaïre. La riposte repose donc sur les mesures classiques de santé publique, à savoir la détection précoce, l’isolement, le traçage des contacts et les enterrements sécurisés. Lors de ses précédentes apparitions, cette souche avait tué entre 30 % et 50 % des malades ; le taux provisoire actuel, autour de 23 %, reste susceptible d’être révisé. Déclarée urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai, l’épidémie a son épicentre à Bunia et Mongbwalu.

Comment lire ces chiffres. Le seul indicateur publiable est le dernier bilan confirmé, daté et attribué : ici, le constat de l’OMS au 19 juin (plus de 890 cas, plus de 200 décès) et le briefing du ministère de la Santé du 18 juin (896 cas, 232 décès). Le léger écart de létalité (23 % côté OMS, 26 % côté ministère) tient aux décomptes de décès retenus. Numéro vert national : 151.

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B
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