Santé Sud-Kivu : près de 2 500 patients soignés par MSF entre mai et juillet 2025 à Katana et Kalehe
Santé

Sud-Kivu : près de 2 500 patients soignés par MSF entre mai et juillet 2025 à Katana et Kalehe

Sud-Kivu : près de 2 500 patients soignés par MSF entre mai et juillet 2025 à Katana et Kalehe
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 12 AOÛT 2025 - 18:48 WAT · 3 min de lecture

Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur l’effondrement du système sanitaire dans les territoires de Katana et Kalehe, au Sud-Kivu, conséquence directe des violences armées qui secouent la région depuis le début de l’année.

Dans un document publié ce mardi 12 août, l’organisation indique avoir soigné près de 2 500 patients entre mai et juillet 2025, grâce au déploiement d’une intervention d’urgence qui a permis de rétablir des services essentiels et de soutenir les structures locales par d’importants dons de fournitures médicales.

Une évaluation menée par MSF en mars, à la suite des affrontements violents survenus en janvier et février, a révélé une situation critique : sur les 24 structures de santé évaluées dans les zones de santé de Katana et Kalehe, 15 ont dû fermer, 10 ont été endommagées et 16 ont été pillées. Face à ce constat alarmant, MSF a apporté un appui direct aux hôpitaux généraux de référence de Katana et Kalehe, ainsi qu’aux centres de santé de Katana Nuru, Mabingu, Lushebere, Kalehe et Luzira.

L’intervention s’est concentrée sur la prise en charge pédiatrique des enfants de moins de cinq ans, le traitement de la malnutrition, les soins gynéco-obstétricaux présentant des complications et le soutien aux victimes de violences.

En plus des dommages subis par les structures de santé, rendant leur fonctionnement précaire, les patients sont confrontés à de nombreuses barrières d’accès aux soins, parmi lesquelles les difficultés économiques et l’insécurité persistante.

Selon le Dr Bahati Magadju, directeur de l’hôpital de référence de Katana, le nombre d’admissions pédiatriques a considérablement augmenté grâce à la gratuité des soins : de cinq nouveaux cas par semaine au début de l’intervention, on est passé à environ soixante admissions hebdomadaires. MSF affirme que cet accès gratuit, combiné à l’approvisionnement régulier en médicaments et à la collaboration étroite entre ses équipes et celles des hôpitaux, a permis de réduire la mortalité.

Les violences ont également aggravé l’insécurité alimentaire dans la région, avec la perte d’accès aux champs, la flambée des prix et des difficultés économiques accrues.

Pour lutter contre la malnutrition, MSF a distribué des aliments thérapeutiques comme le Plumpy’Nut et, avant de clore son intervention d’urgence, a laissé aux structures soutenues un stock de médicaments couvrant les besoins pour un mois supplémentaire.

Malgré ces avancées, l’organisation rappelle que certaines zones restent inaccessibles et que l’insécurité continue de compromettre l’action humanitaire.

Muriel Boursier, cheffe des programmes MSF au Sud-Kivu, appelle à la mise en place de voies humanitaires sûres et à un approvisionnement régulier en médicaments et denrées thérapeutiques par le ministère de la Santé et ses partenaires, afin d’éviter que les populations de Katana et Kalehe ne replongent dans une crise sanitaire encore plus grave.

Gilbert N.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…