Révision constitutionnelle : Tshilumbayi qualifie la Constitution de « prime à la criminalité »
Le premier vice-président de l'Assemblée nationale a livré, lors d'un espace sur X, l'argumentaire le plus offensif en faveur du changement de Constitution. Il vise les immunités, les provinces et l'article 220.
Révision constitutionnelle : Tshilumbayi qualifie la Constitution de « prime à la criminalité »
AFP
KINSHASA. La charge est venue d’un des hommes forts de la chambre basse. Lors d’un espace de discussion sur X relayé par le journaliste Stanis Bujakera, Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée nationale, a défendu pied à pied la révision de la Constitution. Son propos a visé le texte lui-même.
« La Constitution actuelle est une prime à la criminalité. Elle a été faite pour béatifier, pour sanctifier, pour honorer ceux qui ont tué, qui ont violé et qui ont pillé », a déclaré l’élu. La formule donne le ton de l’offensive.
Le cœur de sa démonstration porte sur les immunités. Il cite un précédent. « Dans le procès Matata Ponyo, on vous a lu la Constitution pour dire que l’ancien Premier ministre n’est pas justiciable », a affirmé Tshilumbayi, qui en tire la conclusion d’un texte devenu « un sanctuaire du crime ».
Son deuxième front est territorial. Pour lui, la décentralisation a échoué. « Les provinces ne fonctionnent pas. Aucune d’elles n’a la capacité de s’auto-administrer ni de porter les charges que la Constitution leur a attribuées », a soutenu le vice-président, qui dénonce aussi un suffrage indirect propice aux « combines ».
Reste l’obstacle juridique majeur, l’article 220, qui verrouille notamment la limitation des mandats. Tshilumbayi en relativise l’intangibilité en convoquant l’histoire récente. Selon lui, cet article aurait déjà été modifié en 2011 pour réduire les pouvoirs des provinces, sans susciter de protestation à l’époque.
Ces déclarations s’inscrivent dans un climat tendu. Au même moment, la Conférence épiscopale et des organisations de la société civile pressent le pouvoir de désamorcer le débat. Le camp de la révision, lui, avance désormais à visage découvert.