Minerais critiques : ce que pèse la RDC dans les 40 milliards annoncés par Washington
Les États-Unis revendiquent 160 accords miniers pour environ 40 milliards de dollars depuis janvier 2025. La RDC est citée, avec l’Angola et la Zambie, sur le corridor de Lobito. Sans ventilation par pays.
Minerais critiques : ce que pèse la RDC dans les 40 milliards annoncés par Washington
AFP
Les États-Unis revendiquent 160 accords miniers, pour environ 40 milliards de dollars, conclus depuis janvier 2025. Le chiffre a été rendu public ce jeudi 15 octobre par leur ambassade à Kinshasa, qui le présente comme le bilan d’une politique destinée à « stimuler la production minière et créer des emplois » et à « fournir les minerais critiques nécessaires à l’innovation ».
Washington rattache explicitement ce bilan à trois pays d’Afrique centrale et australe. « En partenariat avec la RDC, l’Angola et la Zambie, ils soutiennent le développement du corridor de Lobito, une voie majeure d’exportation de minerais critiques, notamment le cobalt, le cuivre et le zinc », indique la représentation diplomatique américaine. Ce corridor, ajoute-t-elle, « relie les ressources minérales d’Afrique centrale aux marchés mondiaux et favorise les débouchés économiques ».
Un total global, une mention congolaise
Les 160 accords ne sont pas ventilés par pays, et rien n’indique quelle part des 40 milliards de dollars revient à la RDC. Le chiffre est un agrégat mondial de la politique américaine sur les minerais critiques depuis janvier 2025, dont le corridor de Lobito constitue l’un des volets africains.
Sur le terrain congolais, les engagements américains déjà rendus publics sont d’une autre échelle. La DFC a confirmé 553 millions de dollars pour le tronçon congolais, et l’ambassade avait elle-même évoqué, en juillet, un milliard de dollars recouvrant plusieurs instruments. La concession du tronçon Dilolo-Sakania a été signée à Kinshasa, pour un investissement ferroviaire chiffré à 1,258 milliard de dollars.
Cobalt, cuivre, zinc : ce que le corridor transporte
Les trois métaux cités par Washington ne pèsent pas le même poids de part et d’autre de la frontière. Le cobalt et le cuivre sont congolais : la RDC fournit la majorité du cobalt mondial et reste le premier producteur africain de cuivre. Le zinc, lui, renvoie d’abord à la Zambie, deuxième maillon du corridor avec l’Angola, pays d’aboutissement où se trouve le port de Lobito.
Le trafic a déjà commencé. Le cuivre de Kolwezi a repris la route de l’Atlantique après deux mois d’arrêt, et la ligne existante achemine du concentré congolais vers le port angolais sans attendre la construction du nouveau tronçon.
La réserve congolaise : pas seulement un rail
Kinshasa ne conteste pas le projet, mais en discute le périmètre. Devant les Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa a prévenu qu’un rail allant seulement de la mine au port « ne ferait que reproduire le passé ». La RDC veut élargir le projet au-delà du chemin de fer : énergie, agriculture, télécommunications et transformation locale des minerais le long de l’axe.
Cette exigence est le point de friction central entre la lecture américaine du corridor, pensé comme une voie d’exportation vers les marchés mondiaux, et la lecture congolaise, qui conditionne l’intérêt du projet à ce qui sera produit sur place. La Primature a réuni la Task Force RDC-USA le 12 octobre pour accélérer la mise en œuvre des accords, Grand Inga et Lobito compris.
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