RDC : l’ARPTC renforce ses moyens pour surveiller la qualité des services
Le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique a visité le 25 août 2026 les équipements de contrôle installés par l'ARPTC, destinés au suivi de la qualité de service, au contrôle des flux et à la gestion du spectre.
RDC : l’ARPTC renforce ses moyens pour surveiller la qualité des services
AFP
Face aux plaintes persistantes sur la qualité des communications mobiles en RDC, le ministère des Postes, Télécommunications et Numérique veut renforcer le contrôle exercé sur les opérateurs. Son titulaire, José Mpanda Kabangu, a effectué, le 25 août 2026, une visite des équipements acquis et installés par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC). Ces outils sont destinés notamment au suivi et au contrôle de la qualité des services, au contrôle des flux ainsi qu’à la gestion du spectre des fréquences. La visite a permis au ministre de découvrir le fonctionnement de ces équipements, capables de fournir une vision globale des opérations réalisées par les différents opérateurs de télécommunications, presque en temps réel. Selon le ministère, cette technologie doit donner à l’ARPTC des informations plus précises sur les performances des réseaux. Elle doit aussi objectiver les problèmes de qualité dénoncés par les utilisateurs. L’objectif affiché est de passer d’un contrôle reposant principalement sur les déclarations et les plaintes à une surveillance appuyée par des données techniques.
Ces nouveaux moyens doivent également renforcer la capacité de régulation de l’ARPTC. L’autorité pourra accéder aux données des opérateurs, les traiter et les transmettre aux décideurs afin d’identifier d’éventuels manquements aux obligations contenues dans leurs cahiers des charges. Ces obligations sont écrites. La décision n° 011/ARPTC/CLG/2025 du 2 avril 2025 fixe aux opérateurs mobiles des seuils de qualité génération par génération et impose au régulateur des campagnes de mesure sur le terrain au moins trois fois par an. Son article 9 dispose : « L’ARPTC élabore mensuellement plusieurs rapports d’audit et trimestriellement un ou plusieurs rapports de statut de la QoS destinés aux opérateurs des réseaux mobiles et au public à l’issue de chaque campagne des mesures Drive test ou Système de Gestion de Réseau. » Seize mois après cette décision, aucun rapport de statut de la qualité de service n’avait été rendu public.
Lorsque des manquements seront constatés, les informations recueillies pourront servir de base à la détermination des sanctions ou pénalités prévues par la réglementation en vigueur. L’article 7 de la même décision pose le principe : « Le non-respect des seuils définis indiqués dans la présente décision constitue une violation des obligations de qualité de service. » Une mise en demeure est alors adressée à l’opérateur défaillant, et une amende lui est infligée si la violation persiste.
Cette démarche intervient alors que la qualité des services de téléphonie mobile constitue une préoccupation largement partagée par les usagers congolais. Coupures d’appels, difficultés de connexion ou qualité insuffisante des communications font régulièrement partie des griefs adressés aux opérateurs. En renforçant les capacités techniques du régulateur, le gouvernement entend disposer d’un outil permettant de mesurer objectivement la qualité effectivement fournie et de répartir les responsabilités de chaque partie dans l’écosystème des télécommunications. Reste à voir ce que cette nouvelle capacité de surveillance produira concrètement pour les utilisateurs.
L’acquisition d’équipements de contrôle ne garantit pas à elle seule une amélioration immédiate des services. Elle donne cependant à l’ARPTC davantage de moyens pour identifier les insuffisances, demander des corrections et, lorsque cela est nécessaire, appliquer les sanctions prévues. Pour les usagers congolais, dont les abonnements mobiles actifs atteignaient 73,9 millions au quatrième trimestre 2025 selon l’ARPTC, l’enjeu sera simple : que les données désormais disponibles se traduisent par des appels plus stables, une meilleure qualité de réseau et un service conforme aux obligations imposées aux opérateurs.
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