Ebola en RDC : 3 360 cas confirmés au 27 juillet, une centaine de décès communautaires en une semaine au PK 51 de Mambasa
Le rapport de situation n°074 de l'INSP, mis en ligne le 29 juillet, porte le cumul à 3 360 cas confirmés et 1 487 décès au 27 juillet. Au PK 51, dans le territoire de Mambasa, près d'une centaine de décès communautaires ont été signalés en une semaine : ils n'entrent pas dans ce décompte.
Ebola en RDC : 3 360 cas confirmés au 27 juillet, une centaine de décès communautaires en une semaine au PK 51 de Mambasa
AFP
L’épidémie de maladie à virus Ebola totalise 3 360 cas confirmés et 1 487 décès parmi ces cas au 27 juillet, selon le rapport de situation n°074 du Centre d’opérations d’urgence de santé publique, mis en ligne mercredi 29 juillet par l’Institut national de santé publique. Le bulletin enregistre en vingt-quatre heures 98 confirmations, 50 décès et 14 guérisons, pour un cumul de 597 guéris. La létalité officielle s’établit provisoirement à 44,3 %, calculée sur les seuls cas confirmés, dans la fourchette de 30 à 50 % documentée pour la souche Bundibugyo. Une harmonisation comptable au Nord-Kivu ajoute onze décès aux registres de la province. Le total reste à 48 zones de santé touchées sur 140, dont 47 en transmission active.
L’Ituri concentre 2 988 cas et 1 238 décès, soit 88,9 % des contaminations et 83,3 % des décès confirmés. Bunia (801 cas), Rwampara (585), Mongbwalu (528) et Nizi (360) rassemblent l’essentiel de la charge, et 51,6 % des 31 décès du jour dans la province sont survenus dans la communauté. Le Nord-Kivu, 325 cas et 223 décès, fait fonctionner ses centres de traitement à 134 % de leurs capacités. Le suivi des contacts plafonne à 78,9 %, pour un seuil opérationnel fixé à 95 %.
Au PK 51, un décompte qui échappe au bulletin
À quatre cents kilomètres de Bunia, dans le territoire de Mambasa, l’agglomération minière du point kilométrique 51 enregistre entre dix et quinze décès communautaires par jour, soit près d’une centaine en une semaine, selon le médecin-chef de la zone de santé de Nia-Nia cité par Radio Okapi. Ces morts ne figurent pas dans les 1 487 décès confirmés : faute de prélèvement et d’analyse, elles ne sont pas comptées. Quarante des cinquante structures de santé de la localité ont cessé leurs activités. Soignants et relais communautaires, pris pour cibles, se sont repliés sur Nia-Nia après la destruction du centre de traitement de Bafwabango, le 30 juin, par des habitants qui contestent l’existence de l’épidémie. Deux personnes étaient mortes cette nuit-là, un policier et un civil, et plusieurs patients s’étaient évadés, dont deux cas confirmés et sept cas suspects.
« Ebola n’est pas une affaire d’argent, c’est une maladie réelle », déclarait alors le chef du groupement de Ngayo, Alexis Mungaki, au micro de la même radio. « Ebola c’est une maladie qui tue la population mais les gens cherchent à véhiculer de fausses informations sur Ebola. »
Le rapport officiel documente cet angle mort sans nommer le PK 51. L’Institut national de santé publique inscrit parmi ses défis la « réticence aux prélèvements post-mortem (EDS/swabs), résistance communautaire et insécurité visant les équipes EDS », celles des enterrements dignes et sécurisés, dont il porte l’impact en regard : « retard de confirmation, sous-estimation des cas, perturbation des activités clés ». Le même document classe l’installation de laboratoires de proximité à Butembo et à Mambasa parmi les chantiers en attente, faute de quoi la transmission reste « non détectée ».
Le bulletin porte trace de l’action dans la zone : il annonce la clôture de la formation de deux équipes d’enterrements dignes et sécurisés, à Nia-Nia et au PK 51, et 2 088 personnes touchées par les messages des relais communautaires dans les ménages des zones de santé de Nia-Nia et de Nizi. Dix agents de première ligne y ont été infectés, dont sept restent hospitalisés ; à l’échelle de l’Ituri, 123 soignants ont contracté la maladie et 37 sont morts. Le docteur Willy Ngeleza, de l’Association des structures de santé du secteur privé de Nia-Nia, l’exposait le 27 juillet : « Les personnels soignants n’ont pas d’équipements de protection individuelle. C’est la raison pour laquelle plusieurs d’entre eux sont en train de mourir, d’autres sont contaminés. » Le rapport chiffre à 15 % les unités de triage fonctionnelles.
Déclarée le 15 mai à Mongbwalu, la 17e épidémie congolaise est due au virus Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué : le premier candidat-vaccin dirigé contre cette souche, le ChAdOx1 BDBV, n’est entré en essai de phase 1 chez l’homme que le 24 juillet, à Oxford, et n’est pas déployé en RDC. Le bulletin fait état d’un protocole d’enquête sur la dynamique de propagation interprovinciale et transfrontalière, validé avec l’appui d’Africa CDC. L’Ouganda voisin a annoncé le 28 juillet, selon Radio Okapi, la fin de son propre épisode épidémique.
