Dossiers spéciaux Ebola : pourquoi le suivi des contacts reste le point faible de la riposte

Ebola : pourquoi le suivi des contacts reste le point faible de la riposte

Les cas confirmés et les décès dominent l’attention publique, mais le suivi des contacts reste l’indicateur le plus décisif pour comprendre la trajectoire de l’épidémie. Selon Reuters, l’OMS estime que 62 pour cent des contacts sont suivis, alors que la cible se situe entre 90 et 95 pour cent. La riposte progresse, mais elle reste inégale selon les zones.

Ebola : pourquoi le suivi des contacts reste le point faible de la riposte
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 11 JUIN 2026 - 19:22 WAT · 3 min de lecture

Le chiffre le plus sensible de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo en RDC n’est pas seulement le nombre de cas confirmés. C’est la capacité des équipes sanitaires à retrouver et suivre les personnes ayant été en contact avec un malade confirmé. Selon Reuters, l’OMS estime que 62 pour cent des contacts sont actuellement atteints en RDC, contre une cible située entre 90 et 95 pour cent.

Un indicateur plus utile que le bilan global

Le suivi des contacts permet de repérer rapidement les personnes exposées, de les surveiller pendant la période d’incubation et de les orienter vers les soins en cas de symptômes. Quand cet indicateur reste bas, des chaînes de transmission peuvent continuer hors du regard des équipes sanitaires.

Le bilan officiel attire davantage l’attention parce qu’il est plus visible : 550 cas confirmés, 101 décès confirmés, 94 cas suspects et 19 personnes guéries dans les données OMS arrêtées au 7 juin pour la RDC. Mais ces chiffres décrivent surtout ce qui a déjà été confirmé. Le suivi des contacts dit plutôt si la riposte parvient à rattraper l’épidémie.

Des écarts importants selon les zones

Reuters rapporte que le suivi atteint 78 pour cent à Bunia, selon l’Africa CDC, mais descend à 0 pour cent dans certaines zones de santé. Cet écart raconte une riposte à plusieurs vitesses : des zones urbaines ou plus accessibles parviennent à suivre une partie importante des contacts, tandis que d’autres restent presque invisibles dans le système de surveillance.

Le rapport repris par 7sur7 avance un taux de suivi des contacts de 64,4 pour cent dans les trois provinces concernées. La différence avec le chiffre de 62 pour cent cité par Reuters peut s’expliquer par la date, le périmètre ou la méthode de calcul. Dans les deux cas, le constat ne change pas : l’objectif sanitaire n’est pas encore atteint.

La confiance devient une donnée sanitaire

Le suivi des contacts ne dépend pas seulement des formulaires et des équipes mobiles. Il suppose que les familles acceptent de déclarer les contacts, que les malades soient identifiés tôt et que les enterrements sécurisés ne soient pas perçus comme une agression extérieure.

Reuters rapporte que la méfiance et la résistance communautaire freinent la riposte, avec des attaques contre des équipes d’enterrement et des centres de traitement. Une attaque survenue au cimetière de Nyamurongo, à Bunia, aurait fait deux blessés graves et endommagé deux véhicules, selon une source citée par l’agence.

BETO retient que le suivi des contacts est le point faible à surveiller dans les prochains jours. Si le taux progresse vers la cible de 90 à 95 pour cent, les équipes sanitaires auront plus de chances de casser les chaînes de transmission. S’il reste inégal, le bilan officiel risque de continuer à courir derrière une épidémie déjà active dans plusieurs zones.

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B
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