Santé RDC : le PRONANUT plaide pour l’inscription des MMS sur la liste des médicaments essentiels
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RDC : le PRONANUT plaide pour l’inscription des MMS sur la liste des médicaments essentiels

RDC : le PRONANUT plaide pour l’inscription des MMS sur la liste des médicaments essentiels
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 19 AOÛT 2026 - 08:25 WAT · 5 min de lecture

L’Association nationale des nutritionnistes et diététiciens du Congo (ANUDICO), en collaboration avec le Programme national de nutrition (PRONANUT), a organisé à Kinshasa une séance de sensibilisation destinée aux professionnels des médias sur les suppléments en micronutriments multiples (MMS).

Cette activité visait notamment à renforcer le plaidoyer en faveur de l’inscription des MMS sur la Liste nationale des médicaments essentiels (LME) de la République démocratique du Congo (RDC).

Les participants ont été sensibilisés à l’importance de cette supplémentation, présentée par les organisateurs comme une intervention nutritionnelle susceptible de contribuer à l’amélioration de la santé des femmes enceintes et des nouveau-nés.

Selon la directrice adjointe, Béatrice Ica Lenga Tshiala, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale recommande plusieurs interventions destinées à améliorer la santé maternelle et néonatale, notamment le déparasitage, l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide et la supplémentation en micronutriments.

« Cette dernière est considérée comme une alternative efficace pour améliorer la santé maternelle et néonatale. Ce comprimé permet de réduire les cas de faible poids à la naissance et les issues défavorables de grossesse. Le gouvernement de la République démocratique du Congo recommande et encourage actuellement les femmes enceintes à prendre les micronutriments multiples pendant la grossesse pour prévenir l’anémie et d’autres complications », a-t-elle déclaré.

Les formulations de MMS utilisées à l’échelle internationale contiennent généralement plusieurs vitamines et minéraux, dont le fer et l’acide folique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande toutefois que leur utilisation soit évaluée en fonction du contexte national et dans le cadre d’approches adaptées aux besoins des populations.

Une forte prévalence de l’anémie chez les femmes

Les intervenants ont également rappelé que l’anémie maternelle demeure un important problème de santé publique en RDC, notamment en raison des carences en micronutriments chez les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer.

Selon les chiffres présentés au cours de l’activité, l’anémie touche 51 % des femmes âgées de 15 à 49 ans et 49 % des femmes enceintes. Ces proportions présentent des disparités selon le lieu de résidence, le niveau d’éducation et les conditions socio-économiques.

« Le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, à travers son programme spécialisé de nutrition, en collaboration avec ses partenaires, notamment l’organisation non gouvernementale Enda Santé et l’Association des nutritionnistes et diététiciens du Congo, travaille pour améliorer la mise en œuvre de la supplémentation en micronutriments multiples dans notre pays et augmenter également la couverture », ont indiqué les intervenants.

Les MMS déjà disponibles dans plusieurs provinces

Pour le Dr Diesel Mutamba, les MMS bénéficient déjà d’une couverture importante dans plusieurs provinces de la RDC. Il a notamment cité Kinshasa, le Kongo-Central et le Kasaï-Oriental parmi les zones où leur déploiement est particulièrement avancé.

« En termes de nombre de femmes qui viennent, nous avons un grand nombre qui ont eu accès à ce projet. Il y a maintenant le Grand Bandundu, Maï-Ndombe et le Grand Équateur : Mongala, Équateur, Sud et Nord-Kivu. Aujourd’hui, les produits sont présents dans environ 19 provinces, mais la couverture diffère », a-t-il renseigné.

La supplémentation en MMS est mise en œuvre en RDC depuis plusieurs années. En octobre 2025, l’Agence congolaise de presse rapportait que le programme concernait alors 15 provinces et que les acteurs plaidaient déjà pour son extension ainsi que pour son inscription sur la Liste nationale des médicaments essentiels.

Un atelier soutenu par la Fondation Gates

Financé par la Fondation Bill & Melinda Gates et mis en œuvre par Enda Santé, l’atelier avait pour objectif d’informer les professionnels des médias sur l’importance des micronutriments multiples chez les femmes enceintes et allaitantes.

Il visait également à encourager les médias à s’impliquer davantage dans la sensibilisation du public sur les questions liées à la santé maternelle et infantile.

Les MMS contiennent plusieurs vitamines et minéraux

D’après les spécialistes de la nutrition présents à l’atelier, les MMS contiennent plusieurs vitamines et minéraux essentiels, notamment le fer, l’acide folique, les vitamines A, D, B1 et B2, le zinc, l’iode, le sélénium, le cuivre et la niacine.

La formulation internationale UNIMMAP, couramment utilisée dans les études sur les MMS, contient 15 micronutriments, dont le fer et l’acide folique.

Selon les intervenants, la prise recommandée dans le cadre du programme est d’un comprimé par jour pendant la grossesse, sur une période pouvant aller jusqu’à 180 jours, soit environ six mois.

Ils estiment que cette supplémentation pourrait contribuer à réduire certains risques liés à la grossesse et à améliorer les résultats maternels et néonatals. Toutefois, l’OMS souligne que les bénéfices des MMS par rapport à la supplémentation classique en fer et en acide folique doivent être appréciés en fonction du contexte, notamment du niveau d’anémie et de la quantité de fer apportée.

L’ANUDICO a, pour sa part, salué l’implication des partenaires techniques et financiers ayant contribué à l’organisation de cette activité.

Selon les organisateurs, cet atelier constitue une étape préparatoire à une prochaine matinée de plaidoyer consacrée à l’inscription officielle des suppléments en micronutriments multiples sur la Liste nationale des médicaments essentiels.

Silas MUNGINDA

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