Grand angle Comment la RDC et le Burundi ont barré la route au Rwanda à la tête de la CEEAC

Comment la RDC et le Burundi ont barré la route au Rwanda à la tête de la CEEAC

Comment la RDC et le Burundi ont barré la route au Rwanda à la tête de la CEEAC
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 8 JUIN 2025 - 17:32 WAT · 3 min de lecture

Lors de la 26ᵉ session de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), tenue à Bata, en Guinée équatoriale, la délégation rwandaise s’attendait à défendre la candidature de son pays à la présidence tournante de l’organisation, conformément à la rotation prévue.

Mais à la surprise générale, les chefs d’État ont décidé de reconduire le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à la tête de la CEEAC. Le Rwanda a vu sa candidature mise en suspens, une décision lourde de conséquences et révélatrice des tensions régionales.

Selon plusieurs sources proches du sommet, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC a largement influencé les discussions. Depuis des mois, Kinshasa accuse Kigali de soutenir les rebelles du M23, une accusation relayée par plusieurs rapports d’experts des Nations unies. Le Rwanda rejette catégoriquement ces allégations, mais le climat de méfiance ne cesse de s’aggraver.

« Le débat sur la présidence tournante a été particulièrement houleux », rapporte un commissaire de la CEEAC, sous couvert d’anonymat. « Le ministre congolais a clairement indiqué qu’il était hors de question que des réunions de la communauté se tiennent à Kigali. Le Burundi a soutenu cette position sans réserve. »

Résultat : les chefs d’État ont préféré reconduire la Guinée équatoriale à la tête de l’organisation, évitant ainsi une crise ouverte au sein de la communauté.

Une humiliation pour Kigali

La décision est mal passée à Kigali. Dans un communiqué signé par le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, le Rwanda dénonce une « instrumentalisation politique » de la CEEAC par Kinshasa. En réaction, le pays a annoncé son retrait pur et simple de l’organisation régionale.

Pour Kigali, ce rejet constitue un camouflet diplomatique. D’autant que le communiqué final du sommet ne s’est pas contenté d’écarter sa candidature : il a également condamné la présence de troupes rwandaises sur le territoire congolais et exigé leur retrait immédiat.

À Kinshasa, cette issue est perçue comme un succès diplomatique. Le gouvernement congolais a salué une « décision courageuse » des chefs d’État de la CEEAC, appelant d’autres organisations régionales à suivre cet exemple.

En bloquant la candidature rwandaise, la RDC et le Burundi ont envoyé un signal fort : dans l’espace régional, les ambitions de Kigali ne pourront s’imposer sans un apaisement réel des tensions sécuritaires à l’Est du Congo.

O. Fiston

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