Convocation de Shadary, Minaku et Kambere : le FCC crie à l’«instrumentalisation de la Justice»
Convocation de Shadary, Minaku et Kambere : le FCC crie à l’«instrumentalisation de la Justice»
AFP
Dans un communiqué, le Front Commun pour le Congo (FCC), principale plateforme politique de l’ancien président Joseph Kabila, a dénoncé lundi les convocations visant une douzaine de hauts cadres de son parti, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD).
Selon le FCC, ces convocations devant l’Auditorat militaire supérieur, sous prétexte d’« éclairer la justice », s’inscrivent dans le cadre d’une « campagne ignoble » de dénigrement menée par le chef de l’État et son ancien ministre de La Défense et l’actuel des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, à l’encontre de l’autorité morale de Joseph Kabila.
Le FCC condamne avec vigueur cette « instrumentalisation de la justice » et dénonce le communiqué du ministre de la Justice annonçant l’interdiction pour les personnes convoquées de quitter le territoire national. Cette mesure est qualifiée d’atteinte au droit constitutionnel à la liberté de circulation.
Intimidation de ses cadres
Dans son communiqué, le FCC affirme que ces convocations a pour objectif d’« intimider et museler » ses cadres, dans le but de « rétrécir l’espace démocratique » et d’exclure le PPRD de la scène politique congolaise. Le FCC y voit une stratégie pour masquer les « failles » d’un régime « aux abois » face à la crise multiforme que traverse le pays.
Malgré ces pressions, le FCC réaffirme sa détermination à poursuivre son combat pour la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays, le respect du pacte républicain et l’instauration d’une gouvernance démocratique et inclusive. Le FCC appelle ses membres au calme et à rester solidaires derrière l’autorité morale de Joseph Kabila.
Minaku, Shadary, et Kambere le pré-carré de Kabila
La justice militaire congolaise resserre l’étau autour de plusieurs figures influentes du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). Ce lundi 10 mars, trois hauts cadres du parti de l’ancien président Joseph Kabila sont attendus au cabinet de l’Avocat général militaire de l’Auditorat Militaire Supérieur de la Gombe, le Colonel Benjamin Ntambwe Kapenga.
Il s’agit d’Aubin Minaku Ndjalandjoku, vice-président du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent, et Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint. Ces personnalités politiques sont convoquées afin d’« éclairer la justice » sur des soupçons de complicité avec le mouvement terroriste AFC/M23, un groupe armé actif dans l’est du pays.
Une tension grandissante entre le pouvoir et PPRD
Le gouvernement congolais accuse l’ancien président Joseph Kabila et ses proches de manœuvres pour déstabiliser le pays. Ce n’est pas la première fois qu’un cadre du PPRD est invité à s’expliquer devant les autorités. Le samedi 1er mars dernier, Emmanuel Ramazani Shadary avait déjà été convoqué par Jacquemain Shabani Lukoo, Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. À l’issue de cette rencontre, Shadary avait assuré que les divergences avaient été aplanies et insisté sur la nécessité d’une gestion apaisée des affaires publiques.
Ézéchiel CTM
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