Dialogue national : qui Tshisekedi écarte de la table, et à quelles conditions on peut y revenir
« Nul ne peut prétendre s'asseoir à la table de la Nation tout en prenant les armes contre elle » : la ligne posée par le chef de l'État, et la porte laissée ouverte à titre individuel.
Dialogue national : qui Tshisekedi écarte de la table, et à quelles conditions on peut y revenir
AFP
En lançant le Dialogue national le jeudi 27 août 2026, Félix Tshisekedi a fixé une ligne de partage. « Nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion », a déclaré le chef de l’État. Puis il a posé la limite : « Nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la Nation tout en prenant les armes contre elle. »
Sont écartés comme composantes politiques ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère, le président nommant le Rwanda. « Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a-t-il ajouté.
Doha reste le cadre pour l’AFC/M23
Le chef de l’État renvoie le mouvement armé à la table de Doha. « Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec l’AFC/M23 des questions relatives à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement, au désarmement », a-t-il dit, en précisant que le Dialogue national ne s’y substituera pas et ne deviendra pas une voie parallèle.
L’accord-cadre de Doha a été signé le 15 novembre 2025. Le 24 août 2026, une première mission de vérification du cessez-le-feu s’est tenue à Minembwe, au Sud-Kivu.
Une porte individuelle, pas collective
Le président ouvre une issue, mais à titre personnel. « Une voie de réintégration au sein de la communauté nationale restera néanmoins ouverte à ceux qui, à titre individuel, renonceront de manière sincère et vérifiable à leur engagement armé », a-t-il déclaré, en conditionnant cette réintégration à une condamnation sans équivoque de l’agression. Le texte parle de mécanismes de désarmement, de démobilisation, de réintégration, de relèvement communautaire et de stabilisation, sans nommer le programme qui les porte, le P-DDRCS, créé par l’ordonnance n° 21/038 du 4 juillet 2021.
Ce que disent les résolutions citées
Félix Tshisekedi a fondé sa position sur les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité. La première, adoptée le 21 février 2025 sous chapitre VII, condamne l’offensive du M23 « avec le soutien de la Force de défense rwandaise », exige le retrait de cette force « sans conditions préalables » et le démantèlement des administrations parallèles. La seconde, adoptée le 19 décembre 2025, renouvelle le mandat de la Monusco jusqu’au 20 décembre 2026 et réitère ces exigences ; son paragraphe 15 demande aussi aux forces congolaises de cesser tout soutien à des groupes armés comme les FDLR. Ni l’un ni l’autre de ces textes n’emploie le terme d’agression, que le président a présenté comme consacré par eux.
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