Ebola : désormais, Kinshasa exige un formulaire de santé publique pour tout le vol international
Face à la 17ème épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE) qui frappe encore le pays, le gouvernement congolais vient de prendre plusieurs mesures de restriction. Dans un arrêté ministériel signé ce 24 juin 2026 et parvenu à BETO.CD, le Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, le Dr Samuel Roger Kamba Mulanda, a rendu exécutoires des mesures strictes pour endiguer la propagation de la maladie sur l'ensemble du territoire national et au-delà des frontières.
Ebola : désormais, Kinshasa exige un formulaire de santé publique pour tout le vol international
AFP
Après la confirmation d’un cas en France en provenance de la RDC, Kinshasa entend renforcer son dispositif de riposte en ciblant particulièrement la mobilité des personnes les plus exposées au risque de contamination.
Au cœur de ces nouvelles dispositions, la surveillance sanitaire active devient la norme pour toute personne identifiée comme « cas contact ». Ces individus seront désormais soumis à un suivi strict pendant une période de 21 jours, correspondant à la durée maximale d’incubation du virus.
Durant cette période, rapporte l’arrêté, tout déplacement, qu’il soit national ou international, leur est formellement interdit, sauf dérogation expresse du Ministre de la Santé ou de son délégué. Cette restriction s’étend également au personnel de santé et aux intervenants (équipes de riposte, laboratoires, agents de désinfection, etc.) revenant des zones affectées. À l’en croire, eux aussi devront observer une période de surveillance de 21 jours et obtenir une autorisation préalable pour tout voyage international.
Bien plus, les voyageurs ayant séjourné dans les provinces touchées par l’épidémie devront désormais justifier d’un séjour d’au moins 21 jours en dehors de ces zones avant d’être autorisés à voyager à l’étranger. En outre, pour tout vol international, le remplissage d’un formulaire de santé publique, émis par le Programme National de l’Hygiène aux Frontières (PNHF), devient obligatoire. Ce document devra être exigé par les compagnies aériennes, créant ainsi un mécanisme de double vérification indispensable pour sécuriser les mouvements aériens.
Le Dr Samuel Roger Kamba Mulanda souligne que ces mesures s’inscrivent dans le cadre du Plan de préparation et de réponse « Une Santé » (One Health). Selon lui, ce plan privilégie une approche intégrée, combinant surveillance épidémiologique rigoureuse et collaboration étroite entre les autorités nationales, provinciales et les services de contrôle aux points d’entrée (terrestres, fluviaux et aériens).
Le suivi sanitaire imposé inclut la surveillance quotidienne de la température et la déclaration immédiate de tout symptôme compatible avec Ebola. Toute personne présentant des signes évocateurs sera immédiatement prise en charge selon les protocoles nationaux. Ces mesures exceptionnelles restent en vigueur pour toute la durée de la 17ème épidémie, à moins d’une levée ou modification officielle par les autorités compétentes.
Serge SINDANI
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