Ituri : « jusqu’à 1 000 » enterrements par jour si Ebola gagne les sites de déplacés, redoute Ève Bazaiba
Devant Tshisekedi et Ramaphosa, la ministre d'État Ève Bazaiba a alerté sur le « cercle vicieux » entre guerre et Ebola : l'Ituri concentrerait 1,15 million de déplacés dans 69 sites, avec un risque de « jusqu'à 1 000 » morts par jour.
Eve Bazaiba, Ministre des Affaires sociales en RDC lors du lancement du plan humanitaire 2026 © Presse MINAS
AFP
Devant les présidents Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa, jeudi à Kinshasa, la ministre d’État chargée des Affaires sociales et Actions humanitaires, Ève Bazaiba, a décrit le « cercle vicieux » qui lie, selon elle, les conflits armés et l’épidémie d’Ebola en RDC.
La ministre a avancé que 60 % des Congolais victimes de la guerre d’agression sont aujourd’hui des déplacés internes, recensés principalement dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Tanganyika, de la Tshopo et de la Tshuapa. L’Ituri, épicentre de l’épidémie, concentrerait à lui seul environ 1,15 million de personnes réparties dans 69 sites de déplacés.
Ève Bazaiba a qualifié cette situation de « très grave ». Elle a alerté sur le risque de voir « jusqu’à 1 000 » personnes enterrées par jour si le virus venait à se propager dans ces sites surpeuplés, où la promiscuité favoriserait une transmission rapide.
Cette projection, la plus sombre avancée à ce jour au sommet de l’État, situe l’enjeu au croisement de deux crises. La souche Bundibugyo du virus a déjà fait plus de 400 morts pour environ 1 400 cas, et l’essentiel des malades se trouve dans un Est marqué par le déplacement massif des populations. C’est ce nœud entre guerre et maladie que la ministre a placé au cœur des échanges avec le président sud-africain, venu en visite de solidarité.
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