Santé Ebola en RDC : 16 520 doses de vaccin réceptionnées à N’djili, le bilan porté à 5 514 cas au 22 août
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Ebola en RDC : 16 520 doses de vaccin réceptionnées à N’djili, le bilan porté à 5 514 cas au 22 août

Le ministre de la Santé publique a réceptionné vendredi 21 août, à l'aéroport international de N'djili, les premières doses du produit que son ministère désigne par le sigle RVBO. Aucun vaccin n'est homologué contre la souche Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie. Au 22 août, le Centre d'opérations d'urgence de santé publique dénombre 5 514 cas confirmés et 2 642 décès confirmés.

Ebola en RDC : 16 520 doses de vaccin réceptionnées à N’djili, le bilan porté à 5 514 cas au 22 août
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 24 AOÛT 2026 - 00:10 WAT · 5 min de lecture

Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a réceptionné vendredi 21 août 2026 à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa, 16 520 doses de vaccin, sur les 50 120 attendues entre le 21 et le 24 août. Ces doses sont financées par Gavi et fabriquées en Allemagne par le laboratoire MSD, indique le ministère de la Santé, qui désigne le produit par le sigle RVBO. Le lot a transité par la Suisse, le Luxembourg et la Belgique avant son acheminement vers Kinshasa. Le ministère n’a pas indiqué le nombre de doses déjà administrées.

Le Groupe international de coordination, saisi le 12 août par Kinshasa, a de son côté [débloqué 70 000 doses d’Ervebo pour la RDC](https://beto.cd/ebola-icg-70000-doses-ervebo-rdc-bundibugyo/), sur les 500 000 que les autorités congolaises avaient demandées selon le bulletin de l’Institut national de santé publique du 19 août.

Un produit sans homologation contre la souche qui circule

La 17ᵉ épidémie congolaise, dont la déclaration officielle a suivi la confirmation biologique du virus le 15 mai, est due à la souche Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique ne dispose d’une homologation. L’Ervebo, préqualifié par l’Organisation mondiale de la santé, ne cible que la souche Zaïre.

Le seul processus documenté à ce jour porte sur l’Ervebo, dans le nord du pays. « Tshopo : lancement du processus de vaccination compassionnelle contre la MVE, 2 000 doses d’ERVEBO disponibles au pays, déployées en priorité dans les ZS de Makiso-Kisangani, Kabondo, Mangobo (Tshopo) et de Buta (Bas-Uélé) », indiquait le rapport de situation n°097 du Centre d’opérations d’urgence de santé publique (COUSP), publié le 20 août. L’usage compassionnel désigne l’administration d’un produit hors du cadre de son autorisation. Le rapport n°0100, arrêté au 22 août, ne fait pas état de la vaccination, et le ministère n’a pas indiqué sous quel régime les doses reçues le 21 août seront administrées.

Au 22 août, 5 514 cas confirmés et 57 zones de santé touchées sur 151

Le rapport n°0100 du COUSP, arrêté au 22 août et publié le 23, recense 55 nouveaux cas confirmés en vingt-quatre heures, dont 23 décès communautaires, répartis entre l’Ituri (35), le Nord-Kivu (16) et le Haut-Uélé (4). Treize autres décès sont survenus en centre de traitement et 18 patients ont été déclarés guéris. Le cumul national atteint 5 514 cas confirmés et 2 642 décès confirmés, soit une létalité de 47,9 %, pour 1 200 guéris et 808 patients en isolement ou en centre de traitement.

Le document signale une correction de données : « Un cas confirmé supplémentaire a été intégré au cumul du Haut-Uélé à la suite d’une correction/réconciliation des données, portant le cumul national à 5 514 cas. Ce cas n’est pas comptabilisé parmi les 55 nouvelles confirmations du 22 août. » Cinquante-sept des 151 zones de santé de six provinces sont désormais affectées, dont treize sur 34 au Nord-Kivu. L’Ituri concentre 83,6 % des cas cumulés, avec 4 607 cas et 2 065 décès ; le Nord-Kivu, 714 cas et 490 décès, garde la létalité provinciale la plus élevée, 68,6 %.

La surveillance reste en deçà de l’objectif. « La proportion des contacts suivis au cours des dernières 24 heures remonte à 83,4 % (14 277 vus sur 17 127 à suivre), en dessous du seuil de 85 % », écrit le COUSP, qui relève 77,9 % au Haut-Uélé et 53,4 % au Bas-Uélé.

Équipes agressées à Isiro et à Pawa

« Au Haut-Uélé, les équipes de riposte ont été agressées à Isiro et à Pawa », rapporte le pilier sécurité du même document. En Ituri, la zone de santé de Kilo a enregistré cinq incidents de réticence, dont trois résolus et un refus.

À Butembo, où le personnel soignant a été menacé, le Parlement des jeunes a tenu plusieurs séances de sensibilisation dans le quartier Kasesa-Kyahala. « Nous avons conscientisé ces jeunes et le résultat est louable : une grande partie de la jeunesse de ce coin vient de s’engager en prônant le pardon mutuel entre le personnel soignant qui était menacé et les personnes impliquées parmi les jeunes », explique son président, Barack Boxfish’angi, à Radio Okapi le 23 août.

Trois mois après la déclaration de l’épidémie, Médecins sans frontières a chiffré à plus de 1 100 les patients guéris en Ituri, lors d’un café de presse tenu le 21 août à Bunia. Le COUSP, qui ne ventile pas les guérisons par province, en recense 1 200 à l’échelle nationale au 22 août. L’organisation relève que 62 % des décès surviennent hors des structures médicales.

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B
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