Ebola : Raïssa Malu annonce un enseignement à distance léger dans 18 zones de santé à haut risque
Ebola : Raïssa Malu annonce un enseignement à distance léger dans 18 zones de santé à haut risque
AFP
À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le mardi 1er septembre, le gouvernement congolais adapte son dispositif éducatif à la situation sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola. La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a annoncé, mardi 18 août à Kinshasa, la mise en place d’un système d’« enseignement à distance léger » dans les 18 sous-divisions éducationnelles considérées comme étant à haut risque.
Cette mesure a été annoncée lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement. Elle vise à garantir la continuité des apprentissages tout en limitant les risques de propagation de la maladie dans les établissements scolaires.
La rentrée scolaire aura bien lieu le 1er septembre, mais selon une approche différenciée en fonction de la situation épidémiologique. Le ministère distingue notamment les zones vertes, non touchées par la maladie, les zones orange, affectées par Ebola, et les zones rouges, considérées comme étant à haut risque.
Dans les zones vertes, les cours se poursuivront normalement en présentiel. Dans les zones orange, et particulièrement dans les zones rouges, des mesures adaptées seront appliquées afin d’assurer la continuité de l’éducation tout en protégeant les élèves et le personnel scolaire.
« Donc, la rentrée a bien lieu le 1er septembre, mais de manière différenciée », a expliqué Raïssa Malu.
Un enseignement à distance sans Internet
Contrairement à l’enseignement en ligne, le dispositif annoncé ne nécessitera ni connexion Internet ni acquisition de matériel technologique coûteux. Il reposera essentiellement sur la distribution de cahiers et de fiches pédagogiques imprimées, conçues à partir des savoirs essentiels du programme scolaire.
« Il ne faut surtout pas entendre “enseignement en ligne” ou “Internet”. Dans ce cas précis, pour l’épidémie d’Ebola dans les 18 zones à haut risque, c’est un enseignement à distance léger, sans Internet ni acquisition de matériel qui serait exigé aux enfants », a précisé la ministre.
Les supports pédagogiques seront complétés par des émissions diffusées par les radios locales et communautaires afin d’accompagner les élèves dans leur travail à domicile.
Des fiches pédagogiques et la radio pour maintenir les apprentissages
Selon la ministre de l’Éducation nationale, les élèves concernés recevront régulièrement des fiches et des contenus pédagogiques axés sur les matières fondamentales et les savoirs essentiels.
Ces outils leur permettront de poursuivre leurs apprentissages à la maison. La radio jouera également un rôle important dans ce dispositif, avec la diffusion d’émissions éducatives complémentaires.
Raïssa Malu reconnaît toutefois que ce système ne permettra pas de couvrir l’intégralité du programme scolaire. L’objectif principal est d’éviter une rupture totale avec l’école.
« L’objectif, c’est de maintenir l’enfant en activité à la maison, de ne pas le déconnecter de l’école et d’aller vers des savoirs essentiels », a-t-elle souligné.
Les écoles restent des points de service éducatif
Même dans les zones à haut risque, les établissements scolaires ne seront pas totalement fermés. Ils resteront des points de service éducatif où les enseignants et les encadreurs seront présents.
En collaboration avec le ministère de la Santé, les établissements concernés seront dotés de dispositifs de lavage des mains et de kits sanitaires.
Les parents et les élèves pourront se rendre à l’école selon une organisation précise afin de récupérer les supports pédagogiques destinés au travail à domicile. Selon la programmation annoncée, cette distribution devrait notamment intervenir toutes les deux semaines.
Un premier dispositif prévu pour quatre semaines
Le programme d’enseignement à distance léger sera d’abord mis en œuvre pendant quatre semaines. Une évaluation sera ensuite réalisée avec le ministère de la Santé afin d’adapter la stratégie à l’évolution de l’épidémie.
La ministre se veut optimiste quant aux effets de la campagne de vaccination en cours et espère une amélioration progressive de la situation sanitaire.
Toutefois, si l’épidémie devait se poursuivre, le ministère prévoit de maintenir la production et la distribution régulière des contenus pédagogiques, accompagnés d’émissions diffusées par les radios locales et communautaires.
18 sous-divisions éducationnelles considérées à haut risque
Sur le plan statistique, Raïssa Malu a indiqué que les provinces touchées par Ebola comptent au total 138 sous-divisions éducationnelles.
Parmi celles-ci, 40 sont concernées par la situation sanitaire, tandis que 18 sont considérées comme étant à haut risque, soit environ 13 % de l’ensemble.
C’est sur la base de cette cartographie éducative et sanitaire que le ministère, en coordination avec le secteur de la Santé, a décidé d’instaurer une rentrée scolaire différenciée.
Éviter la propagation d’Ebola dans les écoles
Au-delà de la continuité pédagogique, les autorités veulent empêcher que les établissements scolaires deviennent des foyers de propagation de la maladie.
« Notre objectif est d’éviter qu’une zone orange devienne une zone rouge et qu’une zone verte devienne une zone orange », a insisté Raïssa Malu.
Des messages de sensibilisation seront ainsi renforcés auprès des enseignants, des responsables scolaires, des élèves et des parents. Toute personne malade ou présentant de la fièvre devra notamment éviter de se rendre à l’école.
Christian T. ÉZÉCHIEL
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