Santé Ebola : le M23 prétend avoir éradiqué le virus dans ses zones, l’OMS refuse de le confirmer
AFC/M23

Ebola : le M23 prétend avoir éradiqué le virus dans ses zones, l’OMS refuse de le confirmer

Dans les territoires de l'est sous contrôle de l'AFC/M23, aucun cas confirmé n'est actuellement signalé. L'OMS se garde pourtant d'y voir la fin de l'épidémie, faute de chaînes de transmission reconstituées.

Ebola : le M23 prétend avoir éradiqué le virus dans ses zones, l’OMS refuse de le confirmer
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 8 JUILLET 2026 - 18:35 WAT · 3 min de lecture

GOMA. L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars affirme avoir éradiqué Ebola dans les territoires de l’est de la République démocratique du Congo qu’elle contrôle. L’Organisation mondiale de la santé, elle, refuse de l’acter. Ses informations indiquent qu’aucun cas confirmé n’y est actuellement signalé et que tous les contacts connus ont achevé leur période de suivi. L’organisation ne parle pas pour autant de fin d’épidémie.

Cette prudence tient à la nature du terrain. Le virus a été détecté dans des zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu passées sous contrôle rebelle, dont Katana, entre Bukavu et Goma. Le Nord-Kivu compte à lui seul 141 cas confirmés et 81 décès, répartis sur onze de ses trente-quatre zones de santé. Dans ces territoires, la surveillance dépend d’équipes qui travaillent au milieu des combats.

« Nous aimerions pouvoir dire que la situation se stabilise, mais, franchement, nous ne pouvons pas encore l’affirmer », a déclaré Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC, depuis Bunia. Dans les zones tenues par les autorités de facto, l’organisation dit renforcer la surveillance communautaire pour détecter toute nouvelle contamination. Les laboratoires de terrain transmettent chaque jour des alertes qui sont systématiquement vérifiées. Au cours de ses déplacements à Bunia, Beni, Butembo et Katwa, la responsable a rencontré des soignants sous pression constante. « J’ai été témoin de leur dévouement. Malgré des difficultés considérables, ils continuent de servir leurs communautés », a-t-elle souligné.

Le refus de conclure repose sur une règle épidémiologique. Tant que les chaînes de transmission ne sont pas entièrement reconstituées, un cas peut échapper au comptage. Dans une région où la guerre brouille les déplacements et l’accès aux localités, un foyer silencieux suffit à relancer la propagation. La souche en cause, Bundibugyo, ne dispose d’aucun vaccin ni traitement homologué, ce qui laisse la surveillance et le traçage des contacts comme seuls remparts.

L’enjeu dépasse la santé. L’affirmation de l’AFC/M23 intervient sur fond de guerre entre l’armée congolaise et le mouvement, soutenu selon les Nations unies par des forces rwandaises, ce que Kigali dément. Acter la fin de l’épidémie dans un territoire donné reviendrait aussi à valider une forme d’administration. L’OMS s’en tient à son mandat sanitaire et vérifie les faits, sans arbitrer le statut politique des zones. Elle maintient sa surveillance sur place, dans l’attente d’une reconstitution complète des chaînes de transmission.

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B
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