Un an après sa béatification, Floribert Bwana Chui, le martyr anti-corruption, célébré à Goma
À Goma, l'Église catholique a célébré le premier anniversaire de la mémoire liturgique de Floribert Bwana Chui Bin Kositi, ce jeune agent de l'OCC mort pour avoir refusé de laisser passer des denrées avariées. L'archevêque Willy Ngumbi en fait un modèle pour la jeunesse.
Jean Jacques Yack hangs a photo of Floribert Bwana Chui Bin Kositi, a Congolese man killed for fighting corruption in 2007, and whose beatification was approved by Pope Francis, in Goma, Democratic Republic of Congo, Sunday, Dec. 29, 2024. (AP Photo/Moses Sawasawa)
AFP
Un an après sa béatification, Floribert Bwana Chui Bin Kositi reste, pour l’Église de Goma, une figure vivante. L’archevêque de Goma, Mgr Willy Ngumbi, a présidé la célébration marquant le premier anniversaire de la mémoire liturgique du bienheureux, dont il assure que « son sacrifice résonne aujourd’hui dans l’Église universelle ».
Le prélat a rappelé le geste qui a fait de ce jeune agent public une figure morale. « Floribert Bwana Chui Bin Kositi, fonctionnaire à l’Office congolais de contrôle, où il était commissaire aux avaries à Goma, reste un modèle de fidélité à l’Évangile, car il a choisi de sacrifier sa vie plutôt que de laisser entrer des denrées alimentaires avariées qui menaçaient la santé de son peuple », a déclaré Mgr Ngumbi. « Par son refus de la corruption, il est mort en martyr pour la justice et est devenu un modèle de courage pour la jeunesse et pour l’Église. »
Le contraste entre la banalité du parcours et la portée du geste est au cœur du message de l’archevêque. « Le jeune Floribert Bwana Chui aurait eu des raisons de lâcher, compte tenu des circonstances et des ambitions qu’il nourrissait pour son avenir et celui de sa famille. Mais, hélas, seul l’amour du prochain a eu plus de prix que sa propre vie », a-t-il affirmé, décrivant « une histoire ordinaire devenue un itinéraire spirituel hors du commun dans un contexte sociétal difficile ».
Le message dépasse la commémoration religieuse. Dans un pays où la corruption administrative est un mal endémique, l’exemple d’un fonctionnaire mort pour avoir dit non prend une résonance civique. Mgr Ngumbi y voit « un Évangile de pardon, de paix, de réconciliation et de changement dans notre situation où tout semble bloqué », une formule qui, prononcée à Goma, ville aujourd’hui sous contrôle de l’AFC/M23, prend un relief particulier.
La célébration de cet anniversaire, à la date de la mémoire liturgique du bienheureux, ancre un peu plus la figure de Floribert dans le calendrier de l’Église congolaise et dans un récit national qui cherche des repères. Reste à savoir si l’exemple du commissaire aux avaries, érigé en modèle par sa hiérarchie spirituelle, trouvera un écho au-delà des murs de l’église, dans une administration où la tentation qu’il a refusée demeure quotidienne.
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