Économie Prix du maïs et du riz : le FOREC dit avoir ramené l’équilibre sans décaissement massif
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Prix du maïs et du riz : le FOREC dit avoir ramené l’équilibre sans décaissement massif

Le Fonds de régulation économique affirme avoir cassé la spéculation sur le maïs au Katanga et le riz dans la Tshopo par la seule annonce de son intervention. Sans un chiffre à l'appui.

Prix du maïs et du riz : le FOREC dit avoir ramené l’équilibre sans décaissement massif
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 29 AOÛT 2026 - 15:20 WAT · 5 min de lecture

Le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présenté au Conseil des ministres du 28 août 2026 les premiers résultats de la réforme du Fonds de régulation économique. Sa note d’information contient une affirmation qui mérite d’être lue de près.

Le fonds est intervenu récemment face à des hausses inhabituelles des prix du maïs dans l’espace Katanga et du riz dans la province de la Tshopo. Selon le compte rendu, « la simple annonce de ces interventions, couplée aux efforts provinciaux, a suffi à briser le comportement spéculatif et à ramener les prix à l’équilibre sans nécessiter des décaissements financiers massifs ».

Le fonds revendique donc un résultat obtenu par la menace d’agir plutôt que par l’action. Aucun chiffre n’accompagne cette affirmation faite le 28 août : ni le niveau des prix du maïs et du riz avant et après, ni les dates des interventions, ni les volumes qui auraient été mobilisés en cas de besoin. Elle repose sur la seule parole du ministère.

Deux missions, dont une nouvelle

Le compte rendu assigne au fonds une double mission : « assister les gouvernements dans la stabilisation des prix de biens de grande consommation, et réduire la dépendance alimentaire du pays en stimulant la production nationale ».

La première correspond à sa vocation d’origine. Institué par un décret de mai 2008 et resté sans activité pendant dix-huit ans, le fonds avait pour mission, selon la description qu’en donnait Radio Okapi en 2023, « d’identifier les produits menacés des pénuries ou connaissant une distorsion de prix, déterminer les modalités d’intervention ». Son opérationnalisation n’a été lancée que le 9 janvier 2026.

La seconde mission, le soutien à la production, élargit son périmètre. Le compte rendu indique que « le FOREC financera directement les producteurs locaux pour réduire notre dépendance alimentaire », en alignement sur le Plan national stratégique de développement, avec trois cultures prioritaires : le manioc, le maïs et le haricot. L’État, précise le texte, « se concentre sur l’amélioration des infrastructures et du climat des affaires ».

Stocker plutôt que subventionner

C’est l’annonce la plus concrète de la note. Pour pallier les limites des subventions directes à la consommation, le ministre annonce la mise en place, avec la Réserve stratégique générale, d’« un dispositif national de stockage de contingence ». Une phase pilote doit démarrer sous peu à Kinshasa et au Kongo Central.

Le raisonnement est classique en économie de régulation : une subvention se dissipe dans les marges de distribution, tandis qu’un stock physique permet de peser sur le marché au moment voulu. La Réserve stratégique générale est un service spécialisé rattaché à la Présidence de la République, rétabli par ordonnance en juillet 2020.

Le compte rendu du 28 août ne donne ni le volume des stocks visés, ni les produits concernés, ni le budget du dispositif, ni la date de démarrage de la phase pilote.

Ce que le fonds finance déjà

Trois projets sont cités en illustration : des programmes de relance agricole, la production de semences dans le Kasaï-Central, et le balisage de près de 2 300 kilomètres de voies fluviales pour faciliter l’évacuation des produits.

Ce dernier point éclaire une question restée ouverte. Le fonds et la Régie des voies fluviales ont signé le 28 août un protocole d’accord de 2,4 millions de dollars portant précisément sur 2 300 kilomètres de voies fluviales. La note d’information confirme que ce protocole relève bien du portefeuille du FOREC, et l’inscrit dans une logique d’évacuation des productions agricoles plutôt que de seule sécurité de la navigation.

Le premier projet agricole du fonds reste celui du Sud-Ubangi, lancé le 3 juillet 2026 pour 7,7 millions de dollars, destiné à relancer le CDI Bwamanda et les filières de la province.

Ce qui n’est toujours pas public

La note du 28 août ne dit rien de l’essentiel pour juger d’un fonds : d’où vient son argent. Le mécanisme d’alimentation du FOREC, c’est-à-dire la nature et le rendement du prélèvement dont il tire ses ressources, n’a jamais été rendu public depuis le décret de mai 2008. Aucun budget annuel, aucun montant total d’engagement, aucun état des décaissements ne figure au compte rendu. Aucun organe de contrôle n’a publié d’observation sur sa gestion, ce qui tient à la brièveté de son activité effective depuis le 9 janvier 2026, sept mois, plutôt qu’à un quitus.

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B
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