BTP & Infrastructures RDC: le Gouvernement Suminwa II accélère la transformation des réseaux de transport du pays

RDC: le Gouvernement Suminwa II accélère la transformation des réseaux de transport du pays

Routes, aéroports, ports et corridors sont au cœur de la stratégie d’infrastructures du Gouvernement Suminwa II. De Kinshasa aux provinces, plusieurs chantiers avancent avec l’ambition de désenclaver les territoires, fluidifier les échanges et mieux connecter les bassins de production aux marchés nationaux et internationaux.

RDC: le Gouvernement Suminwa II accélère la transformation des réseaux de transport du pays
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 31 AOÛT 2026 - 08:55 WAT · 7 min de lecture

Dans plusieurs provinces, des travaux sont en cours sur des axes considérés comme stratégiques pour le désenclavement des territoires et le rapprochement entre les zones de production et les principaux marchés. Certains projets sont déjà opérationnels, alors que d’autres entrent dans des phases décisives.

Cette politique s’inscrit dans l’objectif affiché par l’exécutif de réduire progressivement le déficit infrastructurel et de faire des transports un levier de développement économique et d’intégration nationale.

Des axes routiers stratégiques en chantier

Le réseau routier national figure parmi les principaux secteurs concernés par cette dynamique. Au Kasaï-Central, l’axe Kananga-Kalamba Mbuji connaît une avancée notable. La circulation y est désormais possible sur le tracé réalisé. Vingt kilomètres ont été asphaltés et une même distance a été réalisée en monocouche. Cette route doit notamment faciliter l’ouverture du Kasaï-Central vers les circuits commerciaux régionaux.

Dans le Kongo-Central, les travaux se poursuivent sur l’axe Manterne-Tshela-Singini. La mise en œuvre du revêtement a notamment commencé sur une première section de 20 kilomètres.

Dans le Haut-Katanga, le projet routier Likasi-Borne 32, d’une longueur de 160 kilomètres, est réalisé dans le cadre d’une concession. Le lancement des travaux remonte au 28 juillet 2025.

Au Lualaba, l’axe Kolwezi-Sakabinda, long de 47,6 kilomètres, fait également l’objet d’un suivi particulier. L’évaluation de la concession, réalisée en juin 2026, a débouché sur des recommandations visant à accélérer les travaux.

Plusieurs autres projets sont concentrés dans le Sud-Est, notamment l’élargissement sur 20 kilomètres de la route Lubumbashi-Likasi, la construction de 70 kilomètres entre Kalemie et Manono ainsi que les travaux sur les 148 kilomètres de l’axe Lwambo-Mitwaba-Manono.

Derrière ces différents projets, l’enjeu est de faciliter la circulation des personnes et des marchandises, mais aussi de rapprocher les bassins de production des marchés.

Kinshasa veut renforcer son réseau routier

Dans la capitale, le Gouvernement mise également sur le développement et la modernisation de la voirie.

Sur les 500 kilomètres prévus dans le programme de routes urbaines, environ 160 kilomètres ont déjà été livrés. Plusieurs communes de Kinshasa sont ainsi concernées par des travaux de construction ou de réhabilitation.

Le projet des rocades constitue l’autre grand chantier destiné à améliorer la mobilité dans la capitale. Il prévoit la construction de 73 kilomètres de voies périphériques, avec pour objectif de créer de nouveaux itinéraires entre les différentes communes et de réduire la pression du trafic sur les axes centraux.

La mise en service complète de ce projet est annoncée pour 2027.

Dans une ville confrontée à une croissance démographique soutenue et à des embouteillages devenus structurels, ces nouvelles voies doivent notamment contribuer à améliorer la fluidité de la circulation et le transport des marchandises.

Les plateformes aéroportuaires également concernées

La stratégie de désenclavement ne se limite pas au transport routier. Plusieurs aéroports provinciaux connaissent également des travaux de modernisation.

Les interventions portent, selon les sites, sur les pistes, les tarmacs, les aérogares, les tours de contrôle, les dispositifs de lutte contre les incendies ou encore les systèmes de balisage.

À Bunia, dans l’Ituri, la piste a été portée de 1 850 à 2 500 mètres. Le tarmac a, de son côté, vu sa superficie passer de 14 000 à 27 600 m².

À Mbandaka, la remise en fonction du balisage lumineux a permis de rétablir les opérations nocturnes et celles effectuées dans des conditions de visibilité réduite, après plus de deux décennies d’interruption.

À Gemena, le niveau d’exécution des travaux était évalué à 95 % en février 2026.

L’aéroport de Bipemba, à Mbuji-Mayi, affichait pour sa part un taux d’exécution supérieur à 85 % en juillet. Le projet prévoit notamment une tour de contrôle de 28 mètres, une caserne anti-incendie et l’allongement de la piste jusqu’à 3 000 mètres.

À Kinshasa, la rotonde du terminal domestique de l’aéroport international de N’Djili a été réhabilitée et inaugurée le 30 juin 2026.

Tous les chantiers ne connaissent cependant pas la même évolution. À Tshikapa, le contrat initial a été résilié en raison de résultats jugés insuffisants avant la réattribution du projet, avec l’objectif de relancer les travaux.

Air Congo élargit progressivement ses ambitions

Le développement du transport aérien s’accompagne également de la montée en puissance d’Air Congo.

La compagnie, détenue à 51 % par l’État congolais et à 49 % par Ethiopian Airlines, a commencé ses activités en décembre 2024 avec deux Boeing 737-800 et une desserte initiale de sept aéroports en RDC.

Le partenariat avec Ethiopian Airlines comprend notamment la mise à disposition d’appareils, l’assistance technique, les systèmes opérationnels et la formation du personnel congolais.

La flotte s’est progressivement étoffée. Un ATR 72 de 72 places, destiné notamment aux liaisons provinciales, a été déclaré opérationnel en mai 2026.

Un mois plus tard, le 30 juin, un Boeing 787-8 Dreamliner de 270 sièges a rejoint la flotte. Cet appareil comprend 24 places en classe Affaires et 246 en classe Économique.

Cette montée en capacité a permis à Air Congo de lancer, le 1er juillet 2026, sa liaison directe Kinshasa-Bruxelles, présentée comme sa première desserte intercontinentale.

Le développement de la compagnie doit ainsi accompagner non seulement la mobilité entre les provinces, mais également les échanges économiques, le tourisme et la connexion de la RDC avec l’extérieur.

Banana, futur maillon de la chaîne logistique congolaise

Sur la côte atlantique, le port en eau profonde de Banana constitue l’un des projets majeurs de la politique infrastructurelle du Gouvernement.

Le chantier est entré dans une phase avancée et sa mise en service est annoncée pour la fin de 2026.

L’objectif est de permettre à la RDC d’accueillir des navires de plus grande capacité et de renforcer son autonomie logistique en réduisant sa dépendance à l’égard des infrastructures portuaires situées à l’étranger.

Mais le potentiel de Banana dépendra également de sa connexion avec le reste du pays. L’accès routier et ferroviaire, les procédures douanières ainsi que l’articulation avec les infrastructures de Matadi et de Boma seront déterminants pour son efficacité.

Le futur port devra donc être intégré à un ensemble logistique plus large afin de soutenir durablement les échanges et l’industrialisation.

Le corridor de Lobito, un autre axe stratégique

Dans le Sud-Est, la RDC cherche également à tirer davantage profit du corridor de Lobito.

La dynamique autour de ce corridor s’est renforcée depuis 2025, notamment sur les plans politique et financier. Son importance pour la RDC ne se limite pas à l’acheminement des minerais vers l’Atlantique.

À terme, cette infrastructure peut également favoriser l’émergence d’activités agricoles, industrielles et logistiques le long de son parcours.

Pour que les populations et les économies locales bénéficient pleinement de cette ouverture, des infrastructures de raccordement aux différents territoires concernés restent toutefois indispensables.

Vers une connectivité multimodale

L’ensemble de ces projets traduit une volonté de développer plusieurs modes de transport de manière complémentaire.

Les routes doivent rapprocher les territoires et les bassins de production des marchés. Les aéroports doivent faciliter les déplacements entre les provinces. Le transport aérien doit renforcer les liaisons nationales et internationales. Banana doit offrir une nouvelle porte maritime à la RDC, tandis que le corridor de Lobito doit améliorer l’accès du Sud-Est aux marchés internationaux.

Pour le Gouvernement Suminwa II, le défi consiste désormais à assurer la cohérence entre ces différents investissements afin que les infrastructures ne fonctionnent pas de manière isolée.

La réussite de cette stratégie dépendra donc autant de l’achèvement des chantiers que de leur interconnexion. C’est à cette condition que les investissements dans les routes, les aéroports, les ports et les corridors pourront contribuer durablement au désenclavement de la RDC et à la transformation de son économie.

Rédaction

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B
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