Politique Jean-Marc Ayrault demande à Joseph Kabila de « respecter la constitution »
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Jean-Marc Ayrault demande à Joseph Kabila de « respecter la constitution »

Invité de la chaîne TV5 Monde lundi soir 3 octobre, le chef de la diplomatie française a demandé au président Joseph Kabila à respecter la Constitution et à ne pas se représenterpour un troisième mandat.

Jean-Marc Ayrault demande à Joseph Kabila de « respecter la constitution »
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 OCTOBRE 2016 - 06:04 WAT · 4 min de lecture

« Il faut absolument que la Constitution soit respectée, qu’une date soit fixée pour les élections et que le dialogue national qui a été engagé ait vraiment lieu. (…) Quant à M. Kabila, il n’a pas le droit de se représenter, c’est la Constitution. Donc il faut qu’il donne l’exemple« , a déclaré Jean-Marc Ayrault.

Le chef de la diplomatie française n’a pas exclu la possibilité de sanctions contre des responsables de la République démocratique du Congo (RDC).

« Ce n’est pas possible qu’on continue comme ça », a déclaré M. Ayrault sur la chaîne TV5 Monde, en se disant « pas opposé » à d’éventuelles sanctions.

« Il faut absolument que la Constitution soit respectée, qu’une date soit fixée pour les élections, que le dialogue national ait vraiment lieu. M. Kabila n’a pas le droit de se représenter, il faut qu’il donne l’exemple », a insisté M. Ayrault.

« S’il faut en passer par les sanctions, on passera par les sanctions », a-t-il déclaré, interrogé sur la décision récente des Etats-Unis de prendre des sanctions financières contre deux hauts responsables militaires proches de Kabila.

« Mais j’en appelle à la raison. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui doivent prendre leurs responsabilités », a ajouté M. Ayrault.

La RDC a connu les 19 et 20 septembre une nouvelle explosion de violences ayant fait au moins 53 morts, dont quatre policiers, selon l’ONU, et liées au report de la présidentielle qui devait se tenir cette année.

Jean-Marc Ayrault avait déclaré le 29 septembre dernier que la République démocratique du Congo (RDC) était « au bord de la guerre civile (…)parce qu’il y a un président qui est en place et qui veut garder sa place alors qu’il n’a plus le droit de se représenter ».

« La République démocratique du Congo est un très grand pays, avec énormément de potentiel économique, humain, mais au bord de la guerre civile (…) parce qu’il y a un président qui est en place et qui veut garder sa place alors qu’il n’a plus le droit de se représenter« , a dit l’ancien Premier ministre français devant les étudiants de l’Ecole des affaires internationales de Sciences-Po à Paris.

Le 26 septembre dernier, c’est l’actuel Premier ministre de la France, Manuel Valls qui appelait le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir à l’issue de son mandat.

« C’est un pays [la RDC] immense, avec des ressources importantes et, en même temps, des tensions persistantes dans l’Est et une exploitation insuffisamment contrôlée des richesses. Les prochaines échéances obéissent à des règles constitutionnelles sans équivoque, en particulier la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs« , a dit Manuel Valls dans cette interview au magazine Jeune Afrique.

Et d’ajouter: « La Françafrique, c’est terminé ! Pour autant, la France, pays ami de l’Afrique, a à cœur de faire progresser les principes démocratiques, qui sont dans l’intérêt de tous les peuples. Je continue de penser que la France doit assumer ses responsabilités sur le continent africain. La responsabilité de la France, c’est de dire que chacun doit respecter scrupuleusement le cadre constitutionnel, et il faut que des élections soient organisées dans des délais aussi rapprochés que possible. »

La France et les Etats-Unis font pression sur le pouvoir congolais pour une alternance démocratique à la tête du pays, alors que le président Kabila, qui arrive en fin mandat le 19 décembre prochain, est soupçonné de vouloir se maintenir au pouvoir.

La présidentielle qui devait avoir lieu le 19 septembre dernier a été reportée sur demande de la Commission Electorale Nationale Indépendante déposée auprès de la Cour constitutionnelle, occasionnant des violentes manifestations de l’opposition dans les rues de Kinshasa, la capitale.

François Hollande, le président français a aussi appelé au respect de la Constitution en RDC le 19 septembre dernier.

« La Constitution doit être respectée, des élections doivent se tenir. Ensuite nous verrons avec le contrôle international ce qu’il sera possible de faire« , a-t-il dit depuis le siège de l’ONU à New York.

 


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B
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