Société Kasapa : le feu a détruit le centre de santé d’une prison qui compte plus de 2 500 détenus

Kasapa : le feu a détruit le centre de santé d’une prison qui compte plus de 2 500 détenus

Le centre de santé de la prison centrale de Kasapa a brûlé le 26 juillet. Trois mois plus tôt, JUSTICIA ASBL réclamait le désengorgement d'un établissement de plus de 2 500 détenus et la réhabilitation de pavillons incendiés en 2020.

Kasapa : le feu a détruit le centre de santé d’une prison qui compte plus de 2 500 détenus
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 28 JUILLET 2026 - 12:00 WAT · 4 min de lecture

Le dimanche 26 juillet 2026, le centre de santé de la prison centrale de Kasapa, à Lubumbashi, a brûlé. Le ministère de la Justice a annoncé le jour même l’ouverture d’une enquête administrative et judiciaire, et indiqué que le sinistre serait d’origine accidentelle, provoqué par un dysfonctionnement du système électrique. Trois mois plus tôt, une organisation de défense des droits humains avait publiquement demandé la réhabilitation d’un établissement dont les pavillons incendiés en 2020 n’ont jamais été remis en état.

Deux documents, trois mois d’écart

  • 9 avril 2026 : JUSTICIA ASBL réclame un plan d’urgence de désengorgement et la réhabilitation des pavillons.
  • 26 juillet 2026 : le centre de santé brûle, le ministère de la Justice ouvre une enquête.
  • Plus de 2 500 détenus à Kasapa, dont des femmes et des enfants.
  • 2020 : l’année de la tentative d’évasion qui avait déjà incendié des pavillons.

Ce que les flammes ont emporté

Le communiqué officiel énumère les installations touchées : la pharmacie, les salles de consultation et d’hospitalisation, le bureau du médecin-directeur, plusieurs équipements médicaux, ainsi que les archives du centre de santé. Le ministère précise qu’« aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée et qu’aucune évasion de détenus n’est à déplorer », et attribue ce résultat à l’intervention des services de secours et de l’administration pénitentiaire.

Le gouvernement s’engage à garantir la continuité de la prise en charge sanitaire des personnes privées de liberté et à réhabiliter les infrastructures endommagées dans les meilleurs délais. Aucun bilan sanitaire des détenus depuis la destruction du centre n’a été rendu public à ce jour, et le nombre exact de personnes présentes dans le bloc concerné n’a pas été confirmé officiellement.

Ce n’est pas le premier incendie de l’année à Kasapa : le 30 janvier 2026, un feu avait déjà ravagé l’hôpital de la prison.

Ce qu’une ONG avait écrit trois mois plus tôt

Le 9 avril 2026, JUSTICIA ASBL publiait un communiqué consacré à cet établissement. L’organisation y décrivait une prison abritant plus de 2 500 détenus, dont des femmes et des enfants, fonctionnant très au-delà de sa capacité d’accueil initiale, avec un accès limité à l’alimentation et aux soins de santé.

Sa première demande portait sur la surpopulation : « Il est indispensable de mettre en place un plan d’urgence de désengorgement de la prison centrale de la Kasapa. » La seconde portait sur les bâtiments : « La réhabilitation des pavillons incendiés demeure une priorité absolue afin de garantir des conditions minimales de détention et de prise en charge sanitaire. »

Ces pavillons avaient été endommagés lors de la tentative d’évasion de 2020. Six ans plus tard, plusieurs bâtiments, dont le dispensaire, n’étaient toujours pas entièrement réhabilités selon l’organisation.

Le point où les deux documents se rejoignent

Rapprochés, le communiqué d’avril et celui de juillet racontent la même infrastructure sanitaire. En avril, une organisation signale que le dispensaire de la prison n’a pas été reconstruit après un incendie survenu six ans plus tôt. En juillet, le centre de santé de la même prison brûle à nouveau, pour une cause que le ministère rattache au système électrique.

L’établissement dépend par ailleurs d’interventions ponctuelles pour nourrir ses détenus. JUSTICIA salue dans son communiqué la distribution de vivres et de produits pharmaceutiques par le gouvernement provincial du Haut-Katanga, qualifiée de salvatrice après plusieurs semaines de disette, tout en rappelant qu’une distribution ne remplace pas une responsabilité structurelle.

Ce qui reste impossible à mesurer

La capacité d’accueil théorique de Kasapa n’est pas publiée. Sans ce chiffre, personne ne peut calculer le taux d’occupation réel de l’établissement, ni comparer sa situation à celle des autres prisons du pays. Le nombre de 2 500 détenus circule, l’ampleur du dépassement reste une appréciation.

L’enquête ouverte le 26 juillet portera sur les causes de l’incendie et, le cas échéant, sur les responsabilités. Elle ne portera pas sur la question qu’un communiqué d’avril avait posée avant elle : pourquoi un dispensaire détruit en 2020 était encore, en 2026, en attente de réhabilitation.

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B
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