Football Léopards : après l’exploit du Mondial, la fierté d’un pays et la promesse de Tshisekedi

Léopards : après l’exploit du Mondial, la fierté d’un pays et la promesse de Tshisekedi

Éliminés en seizièmes de finale, les Léopards ont ramené du Mondial un capital rare, la fierté nationale. Le chef de l'État a promis de les décorer, quand le pays attend encore leur retour.

Félix Tshisekedi lors de la cérémonie d’accueil réservée aux Léopards après leur qualification au Mondial 2026. Dimanche 5 avril 2026 au Palais du Peuple à Kinshasa | ©️ Présidence via X.
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 11:51 WAT · 3 min de lecture

Le 1er juillet 2026, à Atlanta, la République démocratique du Congo a quitté la Coupe du monde en seizièmes de finale, battue 2-1 par l’Angleterre. C’était son meilleur parcours dans l’épreuve, et sa première participation depuis 1974. Au terme du tournoi, les Léopards affichaient une victoire, un nul et deux défaites, pour cinq buts inscrits, un record national. La défaite était sportive, mais le sentiment, à Kinshasa, tenait de la fierté.

Le pouvoir a rapidement salué ce parcours. Le 3 juillet, s’exprimant par visioconférence, le président Félix Tshisekedi a rendu hommage aux joueurs, confirmé le maintien du sélectionneur Sébastien Desabre et promis de « décorer dignement » l’équipe, une distinction annoncée pour septembre 2026. Les Léopards, a-t-il estimé, ont redonné au peuple « de la fierté et de l’espoir ». Aucun montant de prime propre au parcours mondial n’a été annoncé à ce stade.

Le chef de l’État avait donné le ton dès la veille du match contre l’Angleterre. « Entrez sur le terrain avec la sérénité de ceux qui ont déjà honoré la Nation, mais aussi avec l’audace de ceux qui savent que l’histoire n’a pas encore livré son dernier mot », écrivait le président Tshisekedi dans un message aux joueurs. Il y voyait un moment d’unité. « Le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest, les Congolais de l’intérieur comme ceux de la diaspora ont vibré d’un même cœur », ajoutait-il, dans un pays dont l’Est reste meurtri par la guerre.

Sur le banc, Sébastien Desabre a assumé la déception sans renier la trajectoire. « On est déçus parce qu’on y a cru. Je pense qu’on a fait un bon match, mais à la fin, on concède deux situations face à l’un des meilleurs joueurs du monde, qui marque les deux buts », analysait le sélectionneur. Puis il a élargi la focale. « Le football congolais se construit ainsi. On apprend, on continue à progresser et on poursuit notre route calmement », ajoutait-il.

Dans la rue, la fierté a débordé les résultats. « Pour moi c’est une joie. Ça fait 52 ans que la RDC n’a plus participé à une édition de la Coupe du monde », lançait Antoine, chauffeur de taxi à Kinshasa, au lendemain de l’élimination. D’autres retenaient un visage, celui du gardien. « La prestation de Lionel Mpasi a marqué les esprits », soulignait un entraîneur de la commune de Ngaliema, Papy Landu. La déception s’est muée en reconnaissance.

Reste une image que le pays attend encore, celle du retour. Au lendemain de l’élimination, les Léopards n’étaient pas rentrés à Kinshasa, et l’allocution présidentielle s’est faite à distance. L’accueil, s’il vient, dira la place prise par cette équipe dans l’imaginaire national.

Pour Kinshasa, ce Mondial aura été un capital politique autant qu’une émotion. Décorer les joueurs, maintenir le sélectionneur, célébrer l’unité retrouvée, tout cela prolonge la fête sans en garantir les lendemains. La vraie récompense d’un parcours historique ne tient pas aux médailles, mais à ce qu’on en fait, un championnat renforcé, une relève formée, une sélection installée. La fierté, elle, est déjà acquise. Le reste dépendra des actes.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…