Économie Corridor de Lobito : 1,258 milliard pour le rail Dilolo-Sakania, 13,7 millions de tonnes visées
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Corridor de Lobito : 1,258 milliard pour le rail Dilolo-Sakania, 13,7 millions de tonnes visées

Le Conseil des ministres du 31 juillet a validé un projet ferroviaire de 1,258 milliard de dollars sur 1 004,5 kilomètres, avec Mota-Engil Africa. La capacité visée dépasse de trois fois celle annoncée sur la section angolaise du corridor.

Le corridor ferroviaire de Lobito reliant la RDC au port atlantique angolais.

Corridor de Lobito : 1,258 milliard pour le rail Dilolo-Sakania, 13,7 millions de tonnes visées
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 AOÛT 2026 - 12:15 WAT · 4 min de lecture

Le Conseil des ministres du 31 juillet a validé un projet ferroviaire de 1,258 milliard de dollars portant sur 1 004,5 kilomètres de voie. Le dossier a été présenté par le vice-Premier ministre et ministre des Transports Jean-Pierre Bemba. Le partenaire retenu est Mota-Engil Africa, et la capacité visée est de 13,7 millions de tonnes par an.

La ligne est celle qui relie Dilolo à Sakania en passant par Kolwezi et Lubumbashi. Elle traverse donc l’ensemble de l’arc minier congolais, de la frontière angolaise à la frontière zambienne. Le Conseil des ministres du 10 juillet, sa 94e réunion ordinaire, avait approuvé le principe du partenariat public-privé, décrit comme « la réhabilitation complète de la ligne Dilolo-Kolwezi-Lubumbashi-Sakania, assortie du développement d’un écosystème économique plus large autour du corridor de Lobito ». La convention de concession n’a pas encore été signée.

Le chiffre qui pose la question du goulot

L’objectif de 13,7 millions de tonnes se compare mal à ce qui l’attend de l’autre côté de la frontière. Sur la section angolaise, longue de 1 300 kilomètres, la société américaine de financement du développement a signé le 17 décembre un prêt destiné à porter la capacité à 4,6 millions de tonnes, avec une réduction des coûts de transport pouvant atteindre 30 %. Le côté congolais vise donc environ trois fois ce que la section suivante est dimensionnée pour absorber.

L’écart n’invalide pas le projet, il en déplace la question. Une voie rénovée sur 1 004,5 kilomètres sert d’abord le trafic intérieur du Katanga, entre les mines, les usines de traitement et les frontières zambienne et angolaise. La capacité d’évacuation vers l’Atlantique, elle, restera fixée par le maillon le plus faible de la chaîne, et ce maillon ne se trouve pas en territoire congolais.

Le calendrier du reste du dossier n’a pas été rendu public. Ni la durée de la concession, ni le phasage des travaux, ni la répartition du financement entre l’opérateur, l’État et les bailleurs ne figurent dans le compte rendu. La société américaine de financement du développement a par ailleurs réitéré en juillet un engagement de 553 millions de dollars en faveur de la partie congolaise du corridor.

Ce que le Katanga a à y gagner

La demande existe. La République démocratique du Congo a extrait 3,2 millions de tonnes de cuivre en 2025, et le gouvernement a décidé d’accroître la production nationale de 500 000 tonnes après la signature du projet Vault avec les États-Unis. Ce volume supplémentaire devra sortir par une route, et les deux options actuelles, la route vers Dar es Salaam et celle vers Durban, coûtent plus cher et prennent plus de temps.

Le Conseil des ministres avance deux justifications, « l’accroissement progressif de la capacité de transport » et « la compétitivité du Corridor de Lobito ». La seconde suppose que le coût à la tonne baisse assez pour déplacer des flux qui empruntent aujourd’hui d’autres corridors. Aucun chiffre de coût cible n’a été communiqué côté congolais.

Trois pièces manquent pour juger du projet. La convention de concession, qui fixera la durée, les tarifs et les obligations de service. Le plan de financement, qui dira ce que l’État engage. Et le sort de la Société nationale des chemins de fer du Congo, propriétaire historique du réseau, dont le rôle dans le montage n’a pas été précisé.

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B
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