RDC : Mukwege dresse un réquisitoire contre Tshisekedi et met en garde sur l’unité nationale
À l'occasion du 66e anniversaire de l'indépendance, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a rendu publique, le 30 juin, une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi. Le texte est sévère. Le gynécologue de Bukavu, fondateur de l'hôpital de Panzi, y déroule un réquisitoire contre la gouvernance du pays et lance un avertissement sur son unité. Pour le 30 juin, il n'y a selon lui « rien à célébrer ».
RDC : Mukwege dresse un réquisitoire contre Tshisekedi et met en garde sur l’unité nationale
AFP
À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a rendu publique, le 30 juin, une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi. Le texte est sévère. Le gynécologue de Bukavu, fondateur de l’hôpital de Panzi, y déroule un réquisitoire contre la gouvernance du pays et lance un avertissement sur son unité. Pour le 30 juin, il n’y a selon lui « rien à célébrer ».
Un réquisitoire sur l’Est, la sécurité et la justice
La lettre vise plusieurs fronts. Denis Mukwege pointe la crise sécuritaire persistante dans l’Est, la gestion de l’état de siège, les choix diplomatiques du gouvernement, l’absence de réforme significative du secteur de la sécurité et le manque d’avancées dans la lutte contre l’impunité. Le constat est global. Il évoque des « risques pour la souveraineté nationale » et décrit un pays qui, selon lui, s’éloigne des priorités qui devraient être les siennes : la paix, la justice et la protection des populations.
Le cœur de l’alerte porte sur le projet de révision constitutionnelle, sujet le plus inflammable du moment. Le message est direct. « Je vous conjure à ne pas compromettre encore davantage l’unité et la cohésion nationale en initiant un référendum », écrit Denis Mukwege au chef de l’État. Il présente son texte comme un ultime appel. « Cette dernière chance », dit-il, doit servir à remettre le pays sur la voie d’une sortie de crise durable, à préserver l’unité et à renforcer l’État de droit.
Une voix qui pèse, une réponse attendue
La portée de cette prise de parole tient à son auteur. Denis Mukwege n’est pas un opposant ordinaire : Nobel de la paix 2018, ancien candidat à la présidentielle, il jouit d’une audience internationale que peu de figures congolaises égalent. Sa lettre s’ajoute aux voix, dans l’opposition et dans les Églises, qui contestent l’idée d’un changement de Constitution. À ce stade, la Présidence n’a pas publié de réponse formelle. Les accusations portées relèvent du débat public et engagent leur auteur. Reste à voir si elles pèseront sur le calendrier politique, ou si elles s’ajouteront à une contestation que le pouvoir a, jusqu’ici, tenue à distance.
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