L'opposition l'exige, les évêques l'appellent, le chef de l'État le propose. Mais le mot « dialogue » ne figure nulle part dans la Constitution. Ce que disent l'article 218, l'article 220 et le précédent de 2016.
À Harare, on vient d'allonger le mandat du président de deux ans par une réforme votée. À Kinshasa, le débat sur un changement de Constitution inquiète l'opposition et l'Église. Le cas zimbabwéen n'est pas un calque, mais un révélateur.
La chaire, la rue et les partis convergent contre le projet de changement de la Constitution. Mais ce front commun reste fragile, une opposition qui peine à s'unir, une Église elle-même traversée de dissidences.
Le président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a reçu les présidents des assemblées provinciales, qui ont affiché leur adhésion à la loi sur le référendum. Le texte, adopté par les deux chambres, attend sa promulgation. L'opposition y voit le dernier verrou avant une révision constitutionnelle.
L'engagement politique de la conférence des évêques catholiques nourrit un débat. Le pouvoir l'accuse de subversion, l'Église parle de devoir moral, et des voix internes s'interrogent sur la frontière entre parole prophétique et militantisme. La division traverse l'Église elle-même.
Dix-sept prêtres de Kananga se sont désolidarisés de la ligne de l'Église catholique contre le changement de Constitution. Une dissidence réelle, mais localisée, qui ne fait pas basculer l'épiscopat.
À l'occasion du 66e anniversaire de l'indépendance, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a rendu publique, le 30 juin, une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi. Le texte est sévère. Le gynécologue de Bukavu, fondateur de l'hôpital de Panzi, y déroule un réquisitoire contre la gouvernance du pays et lance un avertissement sur son unité. Pour le 30 juin, il n'y a selon lui « rien à célébrer ».
Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, figures du camp Kabila, sont détenus depuis l'hiver sans avoir vu un juge. Au moment où le pouvoir engage la révision de la Constitution, leur cas devient le test de l'état du droit en RDC.
Des centaines de jeunes proches de l'UDPS ont manifesté dimanche devant des paroisses catholiques de Kananga, contestant l'opposition de la CENCO à une révision de la Constitution.
Kabuya déchire la déclaration de la CENCO, Mbikayi répond aux évêques, l’APEC de Watum mise sur le référendum : en un week-end, le camp du changement a rompu le silence.