Sit-in du 12 juin : l’ONU réclame une enquête et rappelle Kinshasa à ses obligations
L'ONU condamne les violences du sit-in du 12 juin à Kinshasa, fait état d'au moins un mort et 38 blessés, et réclame une enquête indépendante.

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L'ONU condamne les violences du sit-in du 12 juin à Kinshasa, fait état d'au moins un mort et 38 blessés, et réclame une enquête indépendante.

Ville morte, marche pro-réforme, loi référendaire adoptée, plainte reportée, sit-in annoncé : en dix jours, la Constitution est devenue le terrain du rapport de force politique en RDC. Décryptage d’une bataille de légitimité populaire.

Le rassemblement annoncé par la Coalition Article 64 devant le Palais du Peuple n’a pas pu se tenir comme prévu ce vendredi 12 juin. Les correspondants de BETO déployés à Lingwala, sur le boulevard Triomphal, à Kasa Vubu et près du siège de l’ECiDé rapportent un dispositif policier renforcé, des accès verrouillés, des échauffourées et des dégâts matériels. Des images montrent Martin Fayulu avec des vêtements tachés de sang, mais les circonstances exactes de sa blessure doivent encore être établies.

Après avoir appelé les Congolais à rester chez eux lors de la ville morte du 3 juin, la Coalition Article 64 leur demande désormais de sortir et de se rendre devant le Palais du peuple. Le sit-in annoncé pour ce vendredi 12 juin est un test plus exigeant pour l’opposition : passer de l’absence dans les rues à la présence physique devant le cœur institutionnel du pays.

Ville morte, marche pro-réforme, sit-in annoncé au Palais du peuple : chaque camp cherche désormais à faire parler les images. Mais une rue vide, une foule serrée ou un boulevard animé ne disent jamais, seuls, ce que pense un pays. Dans cette bataille constitutionnelle, vérifier les images devient une affaire politique.

Annoncée pour le 9 juin, la plainte de la Coalition Article 64 contre Félix Tshisekedi a finalement été reportée. Officiellement, l’opposition veut y intégrer de « nouveaux éléments juridiques et factuels ». Politiquement, ce report intervient au moment où la proposition de loi sur le référendum a déjà franchi l’Assemblée nationale et arrive au Sénat. La bataille constitutionnelle entre ainsi dans une phase plus technique, plus juridique, mais aussi plus risquée pour l’opposition.

L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi portant organisation du référendum, en l’absence de l’opposition. Le texte ne change pas encore la Constitution, mais il installe un cadre de procédure qui peut ouvrir la voie à une consultation populaire. C’est précisément ce passage du débat politique au mécanisme institutionnel qui rend la séquence explosive.

Les partisans du changement constitutionnel veulent y conduire la rue. L’opposition veut y tenir un sit-in. Plus de trente ans après la Conférence nationale souveraine, le Palais du peuple redevient le lieu où se croisent mémoire démocratique, rapport de force parlementaire et bataille autour des règles du pouvoir.

Ville morte, marche pro-réforme, plainte annoncée contre Félix Tshisekedi, sit-in devant le Palais du peuple : en quelques jours, le débat sur le changement de la Constitution est sorti des cercles politiques pour devenir une confrontation ouverte entre pouvoir, opposition, Églises, Parlement et rue.

La journée ville morte appelée par la Coalition Article 64 n’a pas livré une vérité simple. Elle n’a pas prouvé que l’opposition contrôlait la rue. Elle n’a pas non plus prouvé que le pouvoir avait neutralisé la contestation. Elle a surtout ouvert une nouvelle séquence : celle où la Constitution quitte les salles de réunion pour devenir un objet de mobilisation populaire.
