« Ndjimu » : le cobalt congolais projeté dans une salle du Congrès américain
Le documentaire de Petna Ndaliko Katondolo, primé à Rotterdam, suit les creuseurs de Mutoshi. Il a été projeté le 14 octobre salle SVC 201, lors d’un événement sur la chaîne d’approvisionnement des minerais critiques.
Photo d'illustration. Creuseurs artisanaux dans une excavation minière à ciel ouvert en RDC. © BETO
AFP
Un documentaire congolais sur les creuseurs de cobalt a été projeté le mercredi 14 octobre 2026 au Congrès des États-Unis, salle SVC 201, à 15 heures heure de Washington. « Ndjimu », environ trente minutes, est signé Petna Ndaliko Katondolo, cinéaste originaire de Goma, et produit par Alkebu Film Productions.
Le film suit des creuseurs artisanaux extrayant le cobalt dans des conditions dangereuses à Mutoshi, au Katanga. La projection s’inscrivait dans un événement consacré à la chaîne d’approvisionnement des minerais critiques congolais et à son impact humain, organisé par Friends of the Congo, Public Citizen, le General Board of Church and Society de l’Église méthodiste unie, Earthworks et Action for Congo.
Un film déjà primé
« Ndjimu » a remporté l’Ammodo Tiger Short Award au Festival international du film de Rotterdam 2026, où il a connu sa première mondiale, puis le prix du meilleur court documentaire au Festival REGARD 2026. Il a également été sélectionné à Doc Fortnight au MoMA, à IndieLisboa, à Movies that Matter, à Climate HQ Earth Week et à MIRAGE Oslo.
Le réalisateur se définit comme cinéaste et écologiste ancestral. Son travail porte depuis plusieurs années sur le rapport entre les communautés de l’Est congolais et les ressources de leur sol.
Le calendrier n’est pas neutre
La projection tombe au moment où Washington chiffre publiquement son engagement minier. Les États-Unis revendiquent 160 accords pour environ 40 milliards de dollars depuis janvier 2025, et citent la RDC parmi les partenaires du corridor de Lobito pour le cobalt, le cuivre et le zinc.
Ce que le film met devant les législateurs américains, c’est l’autre bout de cette chaîne : le creuseur de Mutoshi. La question du sort de ceux qui extraient reste l’angle mort des accords, alors que la RDC plaide pour la fin de l’exportation à l’état brut et que la transformation locale attend toujours.
À lire aussi