Droits humains Kigonze : vingt-quatre déplacés interpellés, aucune arme trouvée

Kigonze : vingt-quatre déplacés interpellés, aucune arme trouvée

Bouclage nocturne du site de déplacés de Kigonze à Bunia. La fouille n’a produit aucune saisie. Le comité des déplacés affirme que plusieurs interpellés sont des mineurs scolarisés.

Vue du site de déplacés de Kigonze, à Bunia, en Ituri

Le site de déplacés de Kigonze, à Bunia (Ituri). Image d'archives.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 8 SEPTEMBRE 2026 - 12:47 WAT · 3 min de lecture

Vers une heure du matin, dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 septembre 2026, les forces armées congolaises, les services de renseignements et la police nationale ont bouclé le site de déplacés de Kigonze, à Bunia, en Ituri, et fouillé les abris de fortune.

Aucune arme ni effet suspect n’a été découvert, selon des sources de sécurité. Vingt-quatre personnes ont été arrêtées.

Vingt-quatre personnes conduites à la trente-deuxième région militaire

Les personnes interpellées ont été conduites à l’état-major de la trente-deuxième région militaire.

Le comité des déplacés affirme que plusieurs d’entre elles sont des mineurs scolarisés.

« Notre cri d’alarme est que ces jeunes soient libérés parce que certains sont des enfants qui étudient. Ce camp a été ciblé plusieurs fois. Il y a des services de sécurité qui procèdent souvent à des bouclages dans ce site », déclare Joseph Katho, président du site de Kigonze.

Le motif juridique des interpellations n’a pas été communiqué. Le statut des vingt-quatre personnes n’était pas connu au 8 septembre.

Un hangar de l’armée incendié en retour

L’opération a produit une réaction sur place. Un hangar abritant une position des forces armées a été incendié par des déplacés en colère.

Des tirs de sommation ont été effectués. Le calme est revenu dans la matinée du lundi. Certains déplacés ont passé la nuit dans des quartiers voisins.

Une fouille sans saisie

Le résultat matériel de l’opération est nul. Ni arme, ni munition, ni effet suspect n’ont été trouvés dans les abris fouillés.

Une opération de bouclage vise à établir la présence d’éléments armés dans une population civile. Quand elle ne produit aucune saisie, elle ne dit rien sur cette présence, et elle laisse vingt-quatre interpellations sans fondement matériel rendu public.

La fréquence de ces opérations sur ce site n’est pas documentée publiquement. Le président du site parle d’un camp ciblé plusieurs fois.

Ce que Kigonze a déjà vécu cette année

Kigonze est l’un des principaux sites de déplacés de Bunia. Nous avions rapporté huit décès en trois jours dans ce camp, sur fond de peur d’Ebola.

Le site fait partie du dispositif décrit par l’Organisation internationale pour les migrations dans son rapport du 4 septembre 2026 : plus de cinquante sites gérés par cette agence dans l’est du pays se trouvent dans des zones de l’Ituri et du Nord-Kivu touchées par l’épidémie, et y abritent environ 400 000 personnes.

Nous avions aussi rapporté ce que la ministre des Affaires sociales redoute si le virus gagne ces sites.

Ce qui n’est pas établi

Ni la trente-deuxième région militaire ni la police nationale n’ont donné leur version. Le nombre exact de mineurs parmi les personnes interpellées n’est pas connu, ni leur âge.

Le nombre d’occupants du site n’a pas été communiqué à l’occasion de cette opération.

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B
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