Data stories RDC: le compteur de l’État congolais inquète, 636 milliards encaissés, 914 dépensés

RDC: le compteur de l’État congolais inquète, 636 milliards encaissés, 914 dépensés

Au 11 juin, l'État congolais a encaissé 635,8 milliards CDF et dépensé 914,3 milliards. Anatomie d'un écart et de ce qu'il finance.

Le ministre du budget, Adolphe Muzito, avec une délégation des élus provinciaux de Kinshasa ce mardi 9 septembre 2025. Ph.droits tiers
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 22 JUIN 2026 - 16:53 WAT · 2 min de lecture

Un chiffre en cache toujours un autre. Au 11 juin, les recettes publiques de la RDC s’élevaient à 635,8 milliards de francs congolais, quand les dépenses atteignaient 914,3 milliards, selon les données reçues par BETO. L’écart, près de 278 milliards de francs, raconte en une ligne la tension permanente des finances congolaises : un État qui dépense plus vite qu’il n’encaisse, sur la période considérée.

Ramené à l’échelle d’un budget national, cet écart n’a rien d’anecdotique. Il dit d’abord la nature des dépenses engagées en début d’exercice, souvent dominées par les charges incompressibles, salaires de la fonction publique, fonctionnement, sécurité, avant que les recettes ne montent en puissance. Il dit aussi la dépendance structurelle du Trésor à des rentrées qu’il ne maîtrise pas entièrement.

Car la principale variable d’ajustement reste minière. Les recettes congolaises épousent les cours des métaux, et le pays l’a éprouvé récemment lorsque le repli des cours du cuivre a mis à l’épreuve un budget adossé aux mines. Quand le métal baisse, c’est toute l’équation des recettes qui vacille, et l’écart avec les dépenses qui se creuse mécaniquement.

L’autre versant de l’histoire se joue sur le change. La stabilité relative du franc, observée ces derniers mois jusque dans les marchés de l’intérieur où la monnaie tient mais la vie chère persiste, conditionne la valeur réelle de chaque franc dépensé. Un dérapage budgétaire prolongé exerce une pression sur cette stabilité, dans un sens que les ménages ressentent immédiatement à l’étal.

Reste la promesse de demain. La montée en puissance de nouveaux gisements, à l’image de la première mine de lithium de Manono qui entre en scène, pourrait élargir l’assiette des recettes dans les années à venir. Mais à court terme, l’arithmétique du 11 juin reste têtue : pour combler 278 milliards d’écart, il faudra soit encaisser davantage, soit dépenser moins. L’exercice 2026 se jouera sur ce fil.

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B
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